Le Venezuela, pays de la Révolution Socialiste et de tous les contrastes. Ce blog c'est le récit de mon quotidien dans ce pays: je parle de tout, ce qui me fascine ici, mais aussi ce qui m'effraie. Je tente quelques analyses perso alors n'hésitez pas à me faire des commentaires !

26 septembre 2008

Elections du 23N, de l'autre côté...

J'ai allègrement tapé sur les pseudo-révolutionnaires qui font de grandes déclarations et font pareil ou pire que ce qu'il s'était fait par le passé. Je me suis attardé sur le mensonge honteux du soit-disante démocratie qu'ils jurent promouvoir tant qu'elle reste un concept dans leurs mains...

Aujourd'hui, je vous propose d'aller voir ce qui se fait de l'autre côté. Du côté des "gentils" comme diraient certains...

Qui seront les candidats de l'opposition ? Les porte-drapeaux du changement si attendu par le peuple fatigué des mensonges et de la corruption ? Comment va-t-on choisir ces mercenaires chargés de la délicate et impossible mission de convaincre les électeurs que l'opposition a changé, qu'elle a compris, qu'elle propose des choses nouvelles ?

Alors que les candidats gouverneurs semblent être les éternels éléphants politiques, il existe un renouveau manifeste au niveau des candidats Maires. Bien sûr, sur l'échiquier politique du Venezuela, le maire n'est qu'une tour ou un fou à la solde du roi Gouverneur. Les 2 accolytes se présentent partout en binome afin de marquer les esprits et du succès de l'un dépend le succès de l'autre.

Pour ne pas aller cherche midi à 14 heures, je vais prendre l'exemple de l'état de Bolívar où je vis. Le Gouverneur (Rangel Gomez) actuel est chaviste et il se représente à sa propre succession. Le maire de la ville (Lenin Figueroa) en revanche a été tellement nul que l'éxécutif national a décidé de faire voter les gens contre lui et il ne sera pas le candidat officiel. Le candidat de l'officialisme (terme utilisé pour dire chaviste) c'est un illustre inconnu qui s'appelle Sergio.

Face à eux, qui trouve-t-on ? Il n'y a pas encore de conscensus au niveau du candidat de l'opposition. Le mieux placé semble être Andrés Velazquez, ex-syndicaliste des entreprises sidérurgiques locales (seule activité économique de l'état) juste devant Rojas Suarez (Mr "Zéro Tolérance en 90 jours" et "je me teins les cheveux", toute ressemblance avec le mari de Carla B. est fortuite pourtant...). Ces deux gars là ont déjà été gourverneurs à leur époque. Andrés Velazquez s'est gavé de fric et n'a rien fait pour l'état. Rojas Suarez a fait semblant et s'est aussi gavé de fric. Je peux même vous assurez qu'un des deux est commanditaire de l'assassinat d'un opposant politique et l'autre a envoyé la police tuer un déliquant... qui n'en était pas un ! Bref, la crème de la crème.

Le candidat à la mairie de Andrés Velazquez c'est Victor Fuenmayor je crois. Je ne sais rien sur lui. Il soutiens la candidature de Veleazquez et c'est déjà tout un programme. Il n'a pas de proposition mais il a compris que les gens de la ville en ont marre de pas avoir d'électricité, problèmes d'eau, des trous dans les rues, des ordures partout... Donc il dit qu'il règlera tous les problèmes et que nous viverons au paradis. Tout un programme je vous dis ! Le candidat à la mairie de Rojas Suarez je le connais pas... et pour cause Rojas Suarez est appelé ici le Gouverneur de Puerto Ordaz (la ville d'à côté) tellement il ignore ma ville et il n'y a jamais rien fait. Etrange similitude avec l'actuel gouverneur mais là encore, toute ressemblance est purement fortuite.

Maintenant qu'on sait qui sont les preux chevaliers qui vont défendre les droits de l'homme face à l'ignoble système neo-dictatorial de Chávez, intéressons nous un peu à comment ils ont été "choisis" ???

Officiellement, chaque candidat est libre de se lancer dans la campagne et les négociation vont bon train pour n'en garder qu'un pour le jour de l'élection. Comment les départager ? Les enquêtes d'opinion... non, non, c'est pas une blague !! Il n'y a AUCUN vote des partisans, aucune consultation, aucun tour préliminaire, pas même un simulacre d'élection comme l'avaient fait les Chavistes... rien ! Les gars les plus influents choisissent leurs poulains et commencent leur campagne. Ensuite ils paient des enquêtes qui disent qu'ils sont en tête de 30 points sur leurs adversaires, alors que l'adversaire lui-même a une enquête d'un magazine sérieux qui dit le contraire.

Et pendant qu'on agite les enquêtes d'opinion, les sondages d'intentions de vote, etc, les têtes d'affiches se réunissent et discutent du plan de bataille en privé. Toujours pas de consultation. Le but de la campagne entamée il y a 6 mois est de faire croire au gens qu'ils sont majoritaires. Et comme le venezuelien est d'un naturel suiveur (alors qu'il se revendique être révolutionnaire), les gens votent comme tout le monde et l'avantage croît à vue d'oeil et finit par s'avèrer. Le top du top est de réussir à convaincre l'adversaire que vous êtes LE candidat. Vous pouvez toujours l'aider à le comprendre en faisant quelques compromis (économiques et sociaux, pas politiques!!).

Résumons: ils n'ont pas changé la méthode moyen-âgeuse de sélectionner les candidats, ils n'ont pas de programme et ne veulent que se partager le butin que représente être Gouverneur, et les enquêtes sont totalement bidonnées... de qui se moque-t-on ?? C'est ça la relève ?? C'est ça le "on a compris, on propose un changement ?? C'est ça les défenseurs des droits de l'Homme et du CITOYEN ??".

Bien triste nouvelle tout ça, il va encore falloir choisir entre le mauvais et le pire. Donc même si le gouverneur actuel est un guignol, un voleur, un menteur, un opportuniste et un sale con... je parirerais bien un billet sur sa victoire !

Je suis triste de voir que dans le paysage politique local il n'y ait pas encore de VRAIE alternative à ce qui est proposé. On est au bord du gouffre avec la politique et la gestion désastreuses des chavistes, mais virer de bord politiquement ne fera qu'aggraver la situation et finirait mal. Le Venezuela mérite mieux qu'un monde bipolaire. Il lui faut une 3ème voie. Hélas, j'ai la sensation qu'elle n'est pas encore née...

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