Le Venezuela, pays de la Révolution Socialiste et de tous les contrastes. Ce blog c'est le récit de mon quotidien dans ce pays: je parle de tout, ce qui me fascine ici, mais aussi ce qui m'effraie. Je tente quelques analyses perso alors n'hésitez pas à me faire des commentaires !

22 mai 2008

Le Venezuela et l'homosexualité: 30 ans de retard

De nos jours, dans nos sociétés modernes évoluées, le traitement réservé aux homosexuels est un facteur important à l'heure d'évaluer le niveau d'ouverture d'esprit et de tolérance des peuples.

Ici, autant le dire... on en est à la préhistoire ! (Je parle de l'intérieur du pays, Caracas étant plus ouverte.. quoique...)

Être homosexuel au Venezuela c'est pire que d'être un criminel. Pire que d'être un corrompu. Pire que d'être un assassin. Les homosexuels n'ont pas le droit d'exister ici, c'est une abomination, des envoyés du diable et les coupables de l'existance du SIDA, de la propagation de la drogue, ce sont tous des violeurs d'enfants et des vicieux. Ils pourriront en Enfer, c'est sûr.

Après cette petite introduction, on est dans l'ambiance. Il faut en plus bien comprendre qu'ici parler du diable c'est un blasphème et les gens demande pardon à Dieu quand ils nomment le Diable. Alors dire que ce sont des envoyés du diable, c'est énorme ici ! Une collègue de bureau de ma femme (évangelique) a même dit que c'est le Diable qui les a envoyé sur Terre pour préparer l'apocalypse. Il n'y a qu'à voir comment ils se comportent ces animaux. Il faut les bannir de nos société et prier Dieu pour qu'il les extermine !!

Pourquoi tant de haine me demanderez-vous ?? Jai du mal à comprendre. Je crois que la société super-machiste doit rejeter l'homosexualité avec force. Mais il y a le même rejet de la part de la gente féminine alors cela n'explique pas tout. La société Venezuelienne est très largement basée sur la séduction, peut-être est-ce donc une conséquence de ce besoin de constamment réaffirmer son genre afin de participer à la période de rût ?!

Bon, bien sûr l'ignorance est le vrai facteur commun de ces gens-là. Une ignorance telle que dans la quasi totalité des cas, ils ne connaissent pas d'homosuexuels de près. Et puis il faut dire que le mot "homosexualité" sonne pas très "glop" en français alors que le thème de la sexualité a fini d'être un sujet tabou, alors imaginez comment sonne "homoSEXUALITÉ" au Venezuela où certaines filles de 18 ans ne savent même pas comment naissent les bébés...

Dans les nombreuses conversations que j'ai pu avoir avec les jeunes et moins jeunes à ce sujet, tous m'ont semblé totalement bloqués par le côté sexuel de la chose. Pour eux c'est un vice, une maladie mentale et les homos sont des psychopathes. Alors je leur sors à TOUS le même argument: "t'est-il arrivé de penser qu'il ne s'agissait pas que de sexualité, mais qu'un homme pouvait tomber amoureux d'un autre homme ? Le fait que tu sois hétéroSEXUEL ne veut pas dire que toute ta relation est basée sur le sexe ? Donc pourquoi la leur le serait ?".

A ce jour je n'ai pas encore eu de réponse à cet argument. Ça les laisse pensifs. Ils concluent que le problème c'est que le Venezuela est tiers-mondiste et qu'ils ont beaucoup de retard à combler. En général je n'insiste pas car je sais que l'idée fera son chemin. On ne devient pas ami avec les homos du jour au lendemain. Donc il y a une disposition à l'ouverture d'esprit. Bonne nouvelle. Par contre, dès que la bouche parle sans réfléchir, on retombe sur des réaction qui me font bouillir à l'intérieur mais qu'il est quasiment impossible d'exprimer sans choquer les gens et sans qu'ils pensent que je suis moi-même homo (donc un monstre etc..).

Oui parcequ'ici je dois me méfier de ne pas passer pour un homo non-plus voyez-vous... j'en ai bien honte, mais on me fait remarquer plusieurs choses:
- mes cheveux que je laisse pousser et qui m'arrivent souvent dans les yeux: ça fait gay !
- je croise les jambes quand j'attends pendant un long moment : ça fait gay !
- je ne me gratte pas l'entre jambe toutes les 3 minutes: c'est suspect...
- je ne les insulte pas et je les défends: ça fait gay qui ne se l'avoue pas !
- j'ai les films un peu romantiques - dramatiques : c'est suspect...
- j'aime mon parfum (L'eau D'Issey Miaké) : ça fait gay (préferer Paco Rabanne) !
Bref, tout plein t'attitudes que j'ai sans me méfier sont suspectes. Mais comme je suis marié, on suppose que je ne le suis pas. Moi a priori je m'en fous qu'on pense que je le suis... sauf que là non !

Et pourquoi je m'en fous pas ? Depuis que j'ai vu des gars maltraiter un homo (une folle en fait...) qui se dirigeait vers la station service en face de chez moi en claquant des talons... je me méfie ! Le gars était en mini-jupe et marchait tranquillement vers la station. Et les autobus freinaient pour se moquer du pauvre. On l'insultait, on lui jetait des cannettes de bière par la fenêtre, tout le monde sifflait et un groupe de 4 gars sont descendus d'une voiture qui passait par là. Ils se rapprochent de la "folle" et commencent à vouloir toucher etc. Le gars se défend en criant "bas les pattes". Ce fut ses derniers mots de la journée parceque les 4 gars lui sont tombés dessus, coup de poing, coups de pieds... une fois au sol, les 4 gars se sont postés en cercle et lui ont envoyé de très nombreux et très lâches coups de pied dans la figure et entre les jambres en riant comme des baleines. Une fois partis, l'homo ne se relève pas encore mais il bouge. Les pompistes s'approchent de lui (pour l'aider crois-je...) et l'insutlent encore et lui disent de dégager qu'il en veut pas une 2ème couche.

Choqué, je raconte ça à un ami qui me dit que le gay l'avait bien cherché. "On a pas idée de se mettre une mini-jupe et des talons. Ce qu'il voulait s'était séduire des hommes. Et il a eu ce qu'il méritait... si ça se trouve, ils sont tellement malades ces homos qu'il a peut-être apprécié les coups qu'il a reçu. Quand on voit tout ce qu'ils font... avec des fouets et tout ça...". Hallucinant.

Autre anecdote qui me concerne cette fois-ci. Nous fêtions l'anniversaire d'un petit cousin de ma femme. Il fêtait ses 15 ans et s'il avait été une fille, il aurait fallu organiser la fête des 15 ans qui sert de présentation à la société (vieille coutume d'un autre temps mais tenace ici). On habille la fille en princesse et on invite ses petits camarades les pus riches et les plus disingués pour qu'ils partagent ce moment de rêves pour elles... Donc pour chahuter un peu le gamin je lui dit qu'il faudrait lui faire la fête pour ses 15 ans. Tout le monde se taît. Je sens qu'ils ont pas compris ce que j'étais en train de dire alors j'en rajoute une couche: on va te faire une jolie robe et tu auras un joli bouquet... et ton pote Victor sera con cavalier !!! Un copain cubain qui était là se marre en mème temps que moi mais on sommes stoppés net par tout le reste de la famille. "Eh oh !!! un peu de respect Gaël !!! Non mais oh !! Ça se fait pas des choses comme ça, faut apprendre un peu le respect !! Y'a des choses qui se font pas hein ?!!!" Nous restons bouches bées lui et moi. Pour calmer la famille entière (la belle-mère, la tante de ma femme, le père du gamin, ma belle-soeur et les 2 soeurs du cousin) je lui dis que je suis désolé et qu'il fallait pas se vexer. Mais j'avais honte de ce que j'étais en train de dire... moi je regrette pas, je blague souvent là dessus et je vois pas le problème.

Comme on dit... on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui ! Depuis ces quelques mésaventures je me surveille. Je ne veux pas avoir de problème... Allez une dernière anecdote pour la route. L'article aura pas été bien construit mais riche en anecdotes !! haha !

C'est l'anecdote qui m'a poussé à écrire cet article en fait. La goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Lors d'une conversation avec les collègues de ma femmes et 2 ou 3 amis, nous en sommes arrivés à parler de ça. Ils prennent un ton compatissant avec moi et me disent que dans nos sociétés modernes, le vice est tellement normal que je ne me rends pas compte... mais qu'eux n'ont rien contre les homos. En fait, ils sont même pas tous de VRAIS homos. Oui parce que dans un couple de gays par exemple, il a été prouvé (???) qu'il y en a toujours un qui fait la femme et l'autre qui fait l'homme. Le vrai gay c'est celui qui se laisse sodomiser. L'autre c'est un gars qui s'est laissé tromper par le gay. C'est pas un vrai gay et on peut le remettre sur le droit chemin. Par contre, celui qui fait la femme, là y'a rien à faire. Il existe bien des traitements contre l'homosexualité à base de médicaments mais ils ne savent pas où les trouver... J'étais vert, bleu et orange de ce que j'étais en train d'écouter. Ma femme passe alors la main sous la table et la pose sur mon genou en me ragrdant dans les yeux et me jette un regard qui voulait dire "ne dis rien... ils vont penser que tu es gay aussi !!". Oui mais si tout le monde se tait face à l'ignorance alors on est pas sortis de l'auberge...

Désolé ma chérie, je n'ai pas pu resister. Soirée de merde...

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Il l'avait pourtant dit !

En lisant les infos du site de l'Agence Bolivarienne de Presse, je tombe sur les candidatures acceptées par le PSUV pour les élections municipales et estadales (barbarisme qui veut dire : des états dont est composé le Venezuela - nos régions).

Et voici sur quoi je tombe pour l'état où je vis:
La vicepresidenta del PSUV para Bolívar y Delta Amacuro, informó además, que fue rechazada la inscripción del actual alcalde del municipio Piar, Gilberto Villarroel, quien aspiraba a la Gobernación del estado Bolívar.

Tampoco se dio curso a la postulación como precandidato a la Alcaldía de Heres al dirigente Orlando González.

Entre las causas para no admitir la postulación de estos dos aspirantes, la vocera señaló que "los dos incurrieron en faltas a las normativas emanadas del Buró Nacional del PSUV y a lo ordenado por el presidente Hugo Chávez Frías, que pidió expresamente que ningún precandidato adelante sus campañas proselitistas"
Je traduis bien sûr:
La vice-présidente du PSUV pour les Etats Bolívar et Delta Amacuro a de plus informé que l'inscription de l'actuel Maire de l'arrondissement Piar, Gilberto Villarroel, n'a pas été acceptée. Il apirait à la Gouvernance de l'Etat Bolívar.
La candidature en tant que pré-candidat à la Mairie de l'arrondissement Héres (Ciudad Bolívar) a été également refusée à Orlando González.
Entre les raisons de ne pas recevoir les candidatures de ces 2 aspirants, la porte-voix a signalé que "les deux ont commis des erreurs par rapport aux normes émanentes du Bureua National du PSUV et rapport à ce qu'avait ordoné le Président Hugo Chávez Frías, qui avait expressamment demandé qu'aucun pré-candidat n'avance sa campagne prosélitique."

Voilà, on sait à quoi s'en tenir. Ici y'a un chef, un seul et unique chef. Il l'avait pourtant dit ! Faut écouter quand le Commadante parle...

PS: au fait on m'a demandé mon email pour me joindre. Vous pouvez écrire à zerokool76@hotmail.com c'est mon email "public" :)

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06 mai 2008

Parti Socialiste Unifié du Venezuela


Que c'est difficile d'aborder un tel sujet. D'abord puisque je ne suis dans le Parti et que je juge selon les articles écrits dans la presse partisane et d'opposition. Ensuite parce que c'est un parti en construction. Enfin, parce que le "socialisme" d'ici ressemble au "communisme" de là-bas. C'est culturel, le même mot prend un autre sens.

Alors pourquoi le PSUV (parti socialiste unifié du Venezuela - prononcez péssouve) se fait appeler Socialiste et pas Communiste. L'explication est un peu compliquée à donner mais sachez qu'ici le communisme a une image terrible qui rappelle plus les dictatures qu'autre chose. Rappelez-vous que les ricains ont laissé des traces indélébiles en Amérique du Sud et la haine du communiste en est une. Cependant, l'Amérique du Sud est en proie à de multiples guérillas "marxistes" ou "socialistes" qui revendiquent l'exclusivité de la lutte contre le libéralisme et la corruption.

L'utilisation du mot socialisme est donc certainement dûe à la différenciation du mouvement communiste démocratique du mouvement armé. Mais surtout, l'utilisation du mot socialisme est tout droit tiré des oeuvres de Marx (que j'ai vues dans plusieurs bibliothèques ici) et de la politque Léninienne.

Pourquoi ont-ils créé ce parti ? Afin d'être élu en 1998 puis en 1999, Chávez s'appuie sur un soutien populaire fort et sur une myriade de groupuscules politiques apparentés de gauche et extrême-gauche. Il réussit à les rassembler autour d'un seul projet et raffle l'élection présidentielle en 1998 et modifie la Constitution en 1999. Une fois installé au pouvoir, tout baigne pendant un moment et les gesticulation de l'opposition permettent de garder tout le monde soudé.

Mais une fois l'opposition "vaincue", commencèrent à apparaître des ambitieux. Les leaders de groupuscules commencèrent à se faire entendre et à exiger des contre-parties. Ils commencèrent aussi à critiquer ouvertement ce qui se faisait: pas assez révolutionnaire pour certains, pas assez démocratique pour d'autres, pas assez de whiskey pour ceux qui restaient... C'est à ce moment-là que Chávez commence sa guerre médiatique contre les USA. C'est une pratique connue: quand un pays se fragilise de l'interieur, cherchez-lui un énemi exterieur et les rangs se resserreront. Cela marche un temps, puis chacun recommence avec sa propre ambition.

Chávez décide donc de créer un nouveau parti dont la base serait "son" parti, le MVR. Il commence alors ls consultations dans tout le pays afin d'obtenir l'adhésion des dirigeants locaux et lance l'idée bien avant l'élection présidentielle de 2006. Le Parti Socialiste Unifié du Venezuela allait naître. Immédiatement, l'opposition commence à railler le sigle du parti et l'appellent "Parti Socialiste Unique du Venezuela". C'est pas malin, mais ça retranscrit les craintes de beaucoup de gens. Chávez veut être le chef unique de son clan et diriger lui seul ce parti. Il impose à tous les groupuscules d'en faire partie en hurlant à qui veut l'entendre que "ceux qui ne seront pas avec nous, seront contre nous !!" et "plus de Chávez = plus de Démocratie". Les masses semblent suivre à première vue, la grande majorité des partis acceptent tant bien que mal la dissolution et les tractations pour avoir un poste à responsabilité dans le Parti Unifié. Toutefois, certains refusent de s'y associer en argumentant que c'est anti-démocratique, qu'ils sont pour Chávez mais refusent de se voir "absorbés" et perdre leur autonomie. Après un durcissement du ton, les chahutage dans l'Assemblée, un ou 2 cocktails molotov dans les permanences locales (faits isolés, bien sûr), la quasi totalité des opposants intègrent le parti. Les leaders sont alors mis en marge du parti puisqu'il fallait être de la première vague pour avoir une part du gâteau.

PODEMOS. Branche séparatiste du MAS, parti socialiste historique au Venezuela. Un socialisme plus centriste, plus à la française. Attaché aux valeurs démocratiques et qui préfèrent voir Chavez au pouvoir que l'opposition qui a ruiné le pays. PODEMOS n'entre pas dans le PSUV. Dès lors, les séances de l'Assemblée Nationale (100% Chaviste depuis le boycoot irresponsable de l'opposition) ressemblent à une pièce de théâtre ridicule. Pendant que les 4 ou 5 députés de PODEMOS essaient d'exprimer leur désaccord sur certains articles de la proposition de nouvelle constitution par exemple, ils sont hués, on leur jette des boulettes de papier et on les insulte grossièrement. La Présidente de l'Assemblée Nationale fronce les sourcils et fait mine de ne rien écouter de ce qui se dit à cause du bruit. Elle ne réclame pas le calme pour autant. Puis le député de PODEMOS s'ennervant, elle prend enfin son micro, calme enfin tout le monde et dit au député que s'il n'es pas capable de garder son calme dans l'hémicycle, on ne lui donnera plus la parole. Authentique, vu de mes yeux vu ! Ils sont toujours Chavistes, mais essaient d'avoir une avis un peu différent à tous ces moutons de l'Assemblée qui viennent déblatérer des ânneries recopiées des discours présidentiels tout en hurlant des "vive notre comandante" ! Et des "Patrie, Socialisme ou la Mort !!"...

Le PSUV devait être la base populaire qui allait permettre de gagner le referendum pour la nouvelle constitution (finalement perdu). Mais un retard inexplicable dans la consitution du parti fit capoter le projet. Les élections des représentants du peuple à l'Assemblée Générale du PSUV n'étaient mème pas finies. Je suppose qu'il est difficile de faire comprendre au peuple qu'il doit (enfin) exercer son droit et son devoir politique et élire son représentant local. Chavez crée les Conseil Communaux auxquels tout le monde peut participer (opposants aussi) mais squattés à 90% par les fanatiques du PSUV. Il s'installe donc un semblant de démocratie qui part de la base. Les gens votent pour le copain sympa, celui qui va aider les communautés à sortir des problèmes quotidiens (élctricité, eau, poubelles...). Tout cela prend du temps car l'organisation n'est pas le fort des venezueliens, et quand en plus on invente un truc aussi incroyable que ça, ça prend du temps !

Seulement nous sommes aujourd'hui en 2008. Les élections internes du PSUV ont eu lieu et le parti n'a pas finit de naître qu'il est déjà miné par les scandales: on expulse un ex-ami du Président Chávez qui avait été ministre dans le cabinet de Chávez en 2006 (Baduel), puis un important révolutionnaire dont le dévouement ne fait aucun doute (Tascón). Lorsque ce dernier sort, il balance la phrase suivante: "ce parti est gangrenné par de faux révolutionnaires qui sont aux commandes et sont là pour saboter le parti". Et le pire, c'est qu'il a raison !

Je ne dirais pas que ces infiltrés sont de l'opposition. Je dirais juste qu'au Venezuela les idées ont un prix. Et qu'il y a énorméments de gens vendus et corrompus. C'en est même destabilisant tellement c'est moche. C'est ce qui détruit le pays selon la croyance populaire, alors qu'elle même se laisse acheter facilement. Donc le PSUV est finalement un concentre de tout ça ! Des gens sont là pour ne pas être en dehors (sinon pas de boulot et pas de sous), d'autres pour le pouvoir qu'ils avaient avant et ont refusé de le laisser filer, une autre partie est là parce qu'il faut la carte du partie pour avoir une promotion dans l'administration ou pour entrer dans les grosses boîtes du pays qui paient bien et une minorité est présente pour les idées. Le PSUV va mal.

Il va tellement mal qu'aujourd'hui en lisant le journal, je lis les déclarations de l'actuel vice-président du Parti (il n'y a pas de Président, o nse demande pourquoi haha!!). Il parle des élections municipales et régionales à venir (novembre). Alors qu'ils annoncent à longueur de temps que ce parti est le plus démocratique au monde (oui oui, au monde) car il demande l'avis des militants de la base, le gars annonce la méthode pour choisir les candidats locaux puisque Chávez avait interdit de se lancer en solitaire sans l'approbation du parti:

El método que se presentará ante la asamblea del partido este viernes, donde participarán unos 1.600 delegados, será el de postulaciones desde los batallones pero al final la última palabra la tendrán los integrantes de la directiva nacional que evaluará, más allá del número de postulaciones, el perfil y la calidad revolucionaria de los nombres propuestos, así éstos no obtengan la mayoría de los votos de la base. Se trata de un método parecido al utilizado para la selección de las directivas regionales

Traduction: La méthode sera présentée devant l'Assemblée du Parti à laquelle participeront 1600 délégués ce jeudi. Les bataillons (les permanences locales) postuleront [des candidats] mais au final ce seront les intérgants de la Direction Nationale qui auront le dernier mot. Ils les choisiront en évaluant le profil et la qualité révolutionnaire des noms proposés même s'il n'ont pas recueilli la majorité des votes de la base. Il sagit d'une méthode semblable à celel utilisée pour la sélection des Direction Regionales [du parti].

Le Parti qui se voulait être le premier parti de l'Histoire du Venezuela dirigé par le peuple et pour le peuple est en train de prendre le chemin des autres partis du pays: un ensemble de corrompus qui font tout pour qu'un seul gars obtienne le pouvoir pour bénéficier des retombées. Comem les autres partis, aucune idée ne monte à la Direction Regionale ou Nationale. Eux ont les idées et ils obligent la base à les approuver. Comme ça ils peuvent s'égosiller que la base a choisi.

Je me demande si ce parti ne s'auto-détruira pas avant de finir de naître. Si on met de côté les ambitions de Chavez (rester au pouvoir à vie) et la raison pour lquelle il avait lancé l'idée (regrouper tout le monde autour de lui) c'était pas une mauvaise idée dans le discours ! Un bon parti populaire qui consulte la base c'était grandiose. Mais c'est comme tout ici, sur le papier c'est génial, mais c'est au niveau de la réalisation que ça plante systématiquement.

Et dire que Jack Lang est passé par là il y a quelques semaines... qu'est-il venu faire ici ? piocher des idées ?? C'est vrai qu'en France les journalistes parlent du Chavisme comme d'un "laboratoire du socialisme" !! Désolé de vous décevoir, de laboratoire il n'y a que l'écriteau sur la porte !

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03 mai 2008

En vrac, comme d'habitude !

Vu qu'ici tout est en vrac, je vais aussi donner quelques news en vrac, pour pas déroger à la règle.

BsF 799
Ça y est, tout le monde le savait et il est arrivé ! Comme tous les ans il arrive à la même date et il est célébré dans les chaumières: le SMIC nouveau est arrivé ! Le salaire minimum est donc passé de 614 à 799 bolívars "forts". Ceci pour contrecarrer les plans de l'empire capitaliste qui a provoqué une inflation de 20% selon le Gouvernement et de +30% selon le MEDEF et la CFDT locaux. Pour rassurer ceux qui craignent une inflation produit de l'augmentation, le Gouvernement garantit qu'il n'y aura aucun effet de cause à effet. Un oncle de Zulay a acheté du ciment le 1er mai pour 18 Bolívars forts. Le 2 mai, après decret présidentiel, il l'a payé 20 bolívars forts. Ça y est, l'empire contre-attaque !

"L'homme de sa vie"
Qu'il est bon de ne pas être autrichien en ces temps-ci. Ici on ne parle que de ça. Et on ressort les vieilles rangaines (les autrichiens c'est des psychopathes etc...). A croire qu'ici ça ne pourrait pas arriver. Ce week-end j'ai lu dans le journal qu'un homme à Caracas violait sa belle-fille pendant que ses soeurs faisaient le guêt. Pour qu'elles s'exécutent, le beau-père menaçaient les soeurs de la fille aînée de violer la plus petite d'entre-elles aussi. Lorsqu'un jour elles ont prévenu la voisine et la police, les flics l'enfermèrent très vite en prison sachant parfaitement que le gars ne passerait pas la nuit vivant (punition typique des violeurs d'enfants au Venezuela). Ils le retrouvèrent le lendemain attaché à une chaise, des objets plantés dans l'anus et mort roué de coups par ses "camarades" de prison. Et devinez quoi ?? La mère des petites a fait irruption à la morgue pour réclamer le cadavre et a fait un scandale énorme en pleurant, hurlant et s'écroulant parterre qu'on lui avait tué "l'homme de sa vie". Qui dit mieux ?

J'en reviens toujours pas...
Cet après-midi je suis allé un peu par hasard à la fête du travailleur d'une entreprise "basique" comme on dit ici qui extrait et transforme du fer. C'est un des fleurons de l'économie nationale et ils ont plus de benefices que la Poste, l'Education Nationale, la SNCF (si, si !!) et la RATP réunis ! La fête devient vite un plaidoyer en faveur de la Révolution Socialiste du 21ème siècle, mais je m'y attendais. Il n'y a que de l'alcool car les cocas ont été finis avant qu'on arrive (on est arrivé 10 min en avance) et les discours se succèdent, ponctués de "patrie, socialisme... ou la mort ! Nous vaincrons !!". Les gens se fouttaient de tout ce qui était en train de se dire et ne levaient leur nez du verre que pour crier le plus fort possible "... ou la mort ! Nous vaincrons !!". Mais ça ne semblaient pas trop gêner les orateurs qui de toutes façons n'avaient pas l'air vraiment convaincus non-plus de ce qu'ils disaient. Et dès qu'un organisateur voyait l'assistance ronfler un peu, il lançait "patrie, socialisme..." et les gens de complèter "... ou la mort ! Nous vaincrons!!". J'en ai encore mal aux oreilles. Chose la plus incroyable de tout, sur le chemin du retour, la tante de Zulay qui bosse dans cette boîte nous dit que ça serait super s'ils remettaient des postes en jeu comme l'année dernière. Là je lui demande ce qu'elle veut dire par là. Elle me dit qu'il y a une tombola avec le numéro de ton entrée à la fête et l'année dernière ils avaient mis des machines à laver, des TV, des voyages, des sèche-linges et... 2 postes dans la boîte. Oui, oui ! Deux emplois... vous avez bien compris ! Moi je n'arrive pas à en croire mes oreilles alors je la regarde dans le retroviseur central de la voiture en rigolant et je cherche le sourire qui la trahira car je crois qu'il s'agit d'une blague. Mais non, elle me dit qu'une collègue de bureau (secrétaire) à elle a gagné un des 2 postes et l'a donc donné à son neveu qui avait un diplôme de vente, donc ils l'ont mis au service "douanes" de l'entreprise. Ils ont donc créé le poste pour le gars. Là j'ai arrêté de rire et je me suis dit: je suis sur quelle planète là ??!
Ah, autre chose très bizarre dans cette fête, y'avait pas un seul révolutionnaire. Que des menteurs balourds...

Angela (2b)
Toujours aucune nouvelle. Les ravisseurs auraient demandé 1 million de dolars. Mon ex-boss les a donc il les trouvera. Mais j'espère que ça va se finir au plus vite. Après il sera toujours temps de se demander s'ils quittent le Venezuela ou non. La police continue son travail de fourmi. Aujourd'hui je suis d'ailleurs à nouveau allé à Puerto Ordaz (100km). Mercredi je suis allé à Maturin (300km). Pas un seul contrôle de police. Magnifique.

Pour finir, la maison
Ça y est, on a enfin notre maison. Pas une grosse maison luxueuse, mais on a notre petit 100m2, avec un petit terrain de 350m2. C'est notre chez-nous à Maturin. On a signé les papiers et elle est payée donc il reste plus qu'à... la finir ! Il manque : carrelage, peinture, ampoules, pièces de bain, robinets, évier, meuble de cuisine et repeindre la façade. Rien que ça. Et je vous passe la qualité CATASTROPHIQUE des travaux réalisés. Bon c'est ma première maison, je vais pas me plaindre, mais j'ai bien l'impression qu'on va passer notre vie à colmater les fuites et refaire ce qui a été fait. D'ailleurs mon toit fuit.

"C'est un gars qui rencontre un ami et l'ami lui dit:
- tiens hier j'ai rencontré le couvreur et on a parlé de toi !
- de moi ??? je le connais pas moi ce couvreur !
- maaaaais non eh !! on a parlé de TOIT ! hahaha !!!
Bien content d'avoir appris une blague, le gars court vite voir son patron et lui raconte la blague
- patron, hier j'ai rencontré le couvreur et on a parlé de Vous !!"

Vaut mieux prendre ça avec le sourire ^_^

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