Le Venezuela, pays de la Révolution Socialiste et de tous les contrastes. Ce blog c'est le récit de mon quotidien dans ce pays: je parle de tout, ce qui me fascine ici, mais aussi ce qui m'effraie. Je tente quelques analyses perso alors n'hésitez pas à me faire des commentaires !

26 janvier 2008

Semaine Politique à l'hôtel

Grosse semaine politique à l'hôtel !

Alors que nous voyons se profiler les élections des Gouverneurs, nous en sommes aujourd'hui aux lancements des candidatures. Mercredi la droite d'opposition, vendredi la gauche chaviste et ce samedi le centre-droit d'un ex-gouverneur de l'État. Et puisque l'hôtel ne fait pas de politique, ils sont tous les bienvenus pour leurs campagnes !

Le mercredi, 500 personnes sont arrivés vers 11.00 et se sont installés dans le salon Angostura. Slogan, cris et chansons ! Ambiance sympa, un peu populiste mais sans plus. Les bus sont assez bien garés et il y a bruit du tonnerre avec klaxons et trompettes. Tout se passe comme prévu et les gens s'en vont vers 15.00. Sauf qu'après coup on regarde le salon et on trouve des chaises métalliques pliées, dans les toilettes les lampes sont cassées et on nous a volé les ampoules. Partout on trouve des cadavres de bouteilles de rhum et de whiskey. Les ordures jonchent le sol de tout l'hotel et on retrouve mème une chaise dans la piscine !

Le vendredi c'est au tour du candidat révolutionnaire de faire son meeting. À 8h du mat' arrivent la police, la guardia nacional et les gardes du corps du candidat. Ils demandent à fouiller les chambres qui ont vue sur le salon et commencent à contrôler toutes les entrées et sorties de personnel et clients ! Ça a le don de m'ennerver alors je vais parler avec le capitaine de la guardia pour qu'il respecte un peu plus les clients ! Il s'excuse et me dit qu'il va passer la consigne. Chose qu'il ne fait pas... mais bon ! Vers 11.00 on entend de la musique au loin, gros orquestre sur un camion qui s'approche en caravane suivi d'une floppée de voitures qui klaxonnent. Les gens se garent n'importe comment et la police les aide. D'ailleurs ils mettent des plots pour fermer la rue afin de faire une file en sens unique et l'autre se convertit en parking. Tout le monde se dirige en courrant vers le salon. Il y a au moins le double des participants du mercredi. Après une demi-heure d'impatience, la politico-star n'est toujours pas arrivée donc les gens sortent de l'hôtel et se dirigent à la licorería (vente d'alcool) d'en face et commencent à danser, visiblement éméchés. D'un coup tout le monde balance sa bouteille au sol et se précipite vers le salon: on dit que le candidat arrive. La sécurité (qui revèt de superbes chemises rouge-révolution) éloigne otut le monde et arrive la star du jour. Pendant le discours les gens sortent, entrent, partent, arrivent... bref un gros bazar ! Ça boit de la bière, du rhum (etc) un peu partout et on commence à faire la police vu que la sécurité ne fait rien. Il y a plusieurs bagarre qui éclatent par-ci par-là entre partisans du même bord... bref, un vrai bordel !

Par hasard, je me retrouve nez-à-nez avec un ex-employé de l'hôtel parti travailler dans le bâtiment. Un peu simplet mais honnête, un bon gars en somme. Luís "el negro" me raconte qu'il est là pour signer la feuille de présence qui est ici parce que sinon on va pas lui compter son jour de boulot. Son patron l'a envoyé (obligé) à participer pour pouvoir avoir son salaire. Pourtant c'est jour libre pour eux... C'est pratique courante ici, et pas que des chavistes, on propose de l'argent, de la nourriture et de l'alcool pour qu'il y ait des gens dans les meeting. Et au nombre d'indigènes présents mais indifférents à ce qu'il se dit, j'imagine qu'ils doivent venir sinon ils n'auront pas le droit aux alloc'...

Une fois les partisans partis, même topo que pour le candidat précédent. Un désastre ! On retrouve même du vomi à droite à gauche... sympa ! Lorsque je me dirige vers chez moi, je passe devant l'aéroport en face de l'hôtel et je constate qu'il y a un camion garé et qui distribue des rations alimentaires: un petit plat d'aluminium avec un repas complet et des couverts en plastique. A côté bière et coca-cola (vive "l'empire" haha!). Les indigènes surtout se précipitent sur les rations et la police doit s'employer pour les séparer et organiser la distribution. J'avoue que l'image m'a mis mal à l'aise. J'en ai d'ailleurs pas déjeûné.

Et puis aujourd'hui, le centre-droit. ce mème gars qui m'avait proposé de l'aider dans sa campagne en rejoignant son cabinet. il y a encore plus de monde que les jours précédents. Cette fois-ci on a pas remis les ampoules et on a mis des sacs poubelle partout. Ça marche, un peu... il y a encore plus de bruit et la salle n'est pas assez grande pour contenir tout le monde. Il y a des voitures garées jusqu'à plusieures centaines de mètres (ce qui est rare au Venezuela vu qu'il y a beaucoup d'espace dsiponible, plus qu'en france !). Je remarque que ce candidat est le favori des gens riches puisque les voitures sont de gros 4x4 rutilants et que le bruit est un orquestre qui joue en "live" pendant le meeting. Tout est organisé et la sécurité a collaboré avec notre sécurité.. bref tout idyllique en apparence.

Une fois partis, re-belotte ! papiers, ordures... mais pas de vomi ! Et dans le lobby de l'hôtel se passe quelque chose qui glace le sang: un vieillard vient invectiver le candidat en lui disant que lorsqu'il était gouverneur il y a +10ans, il avait envoyé sa police pour arrêter ses voisins et qu'ils se sont trompé et les policiers présent ont tué ses 4 fils. Les réceptionnistes me racontent que ça a fait un gros scandale puisque c'était une bavure et que la police s'était en effet trompé. le vieillard demande justice et que les responsables soinet jugés. Le candidat s'éloigne sans rien dire, les gardes du corps forment un mur devant le vieillard et l'insulte: "t'es un bouffon c'est tout ce que t'es ! Ça t'amuse de mettre en danger le futur du pays ?? dégage vieux con" etc... le vieux con n'est sûrement pas celui qu'on pense.

Voilà, vous avez en résumé ce qu'est la vie politique ici. Alcool, triche, corruption, impunité, mensonges, populisme, ignorance et vomi !

J'imagine que les français qui liront ça penseront que c'est pas très différent de la France. Et bien SI ça l'est. En France on schématise en disant ça, on accuse, on balance.. et puis les politiques savent maintenir les apparences ! Ici c'est la pure et stricte vérité que tout le monde peut observer au quotidien. Depuis le syndic de co-propriété au Président de la République "tous sont faits du même bois" comme on dit ici !

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12 janvier 2008

On se fait plaisir, encore une fois


Pour le plaisir d'avoir raison (mais qu'est-ce que je peux me la pèter quand même !?), je vous mets le lien d'un article relativement intéressant sur la libération des otages par les FARCs

Lire l'interview d'Alain Musset. Il dirige des recherches sur l'Amérique latine à l'EHESS (École des Hautes Etudes en Sciences Sociales).

Je vais tout de même nuancer un peu un détail: Chávez semble avoir un certain pouvoir sur les FARCs malgré tout...

D'abord, la relation est très amicale: en témoignent les chaleureuses accolades filmées par Telesur pendant la remise des otages et les quelques mots de soutien du ministre des affaires étrangères au leader des FARCs chargé de la livraison des 2 otages. Je vous traduis ce que dit Noticias24 :

“Ehh…au nom du Président Chavez… nous sommes attentifs à votre lutte. Maintenez cet esprit, maintenez cette force et comptez sur nous

Les guerrilleros des FARC répondent: “Bien….” “À votre service” “Félicitations”

A la fin, le Ministre ou la personne qui est à ses côtés (on ne voit pas bien sur la vidéo) dit au revoir de cette manière:

“Prenez soin de vous, camarades”...


Ensuite comme le dit Alain Musset, Castro étant dans le même état que le Pape JPII avant de rejoindre d'autres cieux, Chávez devient de fait le leader de l'idéologie révolutionnaire marxiste. Par proche de l'état de Jean-Paul 2, j'entends par là qu'il est branché toute la journée à des appareils qui le tiennent en vie et on ne le débranche que pour les caméras après lui avoir injecté un peu d'adrénaline. Mais c'est un peu comme une batterie de portable usée, elle se décharge très vite et il faut la rebrancher aussitôt...

Enfin, Chávez est le seul guerillero "fréquentable" ! Pas tellement pour son inégalable élégance, mais plutôt par son statut de président de la république (rappelez-vous du respect dont jouissait notre Chirac national, le brigand de l'Élysée...) et surtout grâce à la manne pétrolière qu'il représente.

Donc pour des gens (les FARCs) au moins aussi détestés que Oussama Ben Laden par les gens bien pensants, être pote avec Chávez ça vaut de l'or. Ou du pétrole.

Pis entre potes, on a des obligations réciproques:
- passe moi une clope, j'ai pas une tune
- prête moi ton portable, j'ai plus de minutes
- rends-moi mon CD Live de Lorie que tu m'as taxé à la boom de Julie
- ramène-moi les otages que tu as enlevé y'a 6 ans
- file-moi 500.000 dolars en liquide
- (...)

Enfin je sais pas moi, j'invente !

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07 janvier 2008

Quand la violence fait recette


Quand la violence fait recette, les violents s'enrichissent ??

Hier, je suis allé à la Calle del Hambre pour acheter un ou deux DVD pour la semaine, et j'y ai fait une sinistre découverte: Azotes del Barrio en Petare.

D'abord l'endroit: c'est quoi la calle del hambre ? Comme nombre de villes, Ciudad Bolívar a plusieurs endroits envahis par les commerces ambulants: le centre ville (vêtements), la Carioca (Bazar) et donc le Stade Héres (hotdogs, hamburgers... bref, la malbouffe). La calle del hambre (comprendre "la rue de la faim") est donc face à une boulangerie, une licorería (vente d'alcool) et on y trouve de tout: cosmétiques, gadgets, bouffe mais surtout une série incroyable de DVD pirates, de jeux pour PC et console pour le modique prix de 6 bolívares fuertes (=Bs 6.000 c-à-dire 1 ou 2€). J'ai acheté 3 combos de 6 films qui sont actuellement à l'affiche pour BsF 18 ! Pas cher du tout...

Je sais en Europe c'est illégal. Bah pas de bol pour vous !! Ici Chávez voulait mème abolir le droit à l'exploitation de la propriété intellectuelle dans sa constitution refusée...

Azotes del Barrio en Petare

Ce lieu est donc haut en couleurs, en personnes et en musique ! On y danse, on y mange, on y boit et très tard on se bat et on vomit ! Sympa !! Moi j'adore cet endroit et j'y vais souvent pour acheter mes DVD. Mais je n'y reste pas trop longtemps.

C'est un haut-lieu de la "culture quârtié" comme dirait les juen'z en France. Mais attention, ici le quartier c'est le quartier... c'est pas Bobigny et les délinquant en tutu !

Alors justement, alors que je farfoullais dans les DVD de dessins animés (bah oui...), je vois une petite bande de 6 gamins de 15/16 ans qui débarquent et demande un truc que je comprends pas au vendeur. Le vendeur dit qu'il ne l'a pas, mais qu'il a l'avant-dernier. Il met le DVD et ça commence comme une vidéo "maison" dans laquelle la famille est réunie et ils m'ont l'air de fêter quelque chose. Je sais pas trop quoi et je m'en moque puisque les vidéos maison ne m'intéressent pas. Je veux du Hollywood moi (mouarf..) !


Alors je continue ma recherche et j'entends des cris et les jeunes se marrent comme des petis fous. Je détourne le regard et je vois à la TV une femme qui est accroupie et qui pleure. Ses enfants lui donnent des coups de pied dans la figure et elle saigne... Ils hurlent qu'elle a bien mérité sa punition cette p***te !! Et le père de regarder terrorisé mais il quitte le salon. Les enfants continuent à tabasser leur mère et la mère supplie de la laisser tranquille et bave en pleurant. Les 6 jeunes téléspectateurs exultent !

J'ai vite changé de stand. Avec une certaine nausée... En regardant un peu plus, je trouve une série de DVD qui s'appellent Azotes de Barrio en Petare (un des quartiers dangeureux de Caracas). je demande ce que c'est et on me confirme que c'était bien ça. J'ai aussitôt décidé de rentrer chez moi, choqué par ce que je venais de voir.

Ce matin je recherche sur google ce que c'est que cette série de vidéos scandaleuses et choquante quand je découvre qu'il ne s'agit que d'un film amateur où les acteurs jouent extrèmement proche de la réalité. Tellement proche que plusieurs démarchent ont été lancées pour vérifier les conditions de tournage et la véracité des dires des producteurs et acteurs.

L'article que j'ai trouvé sur El Universal évoque un peu la problématique de ce genre de vidéo mais ne fait que l'effleurer en fait car elle en fait une critique favorable en argumentant que c'est excellent vu que c'est la violence vue de l'intérieur vers l'extérieur des quartiers (barrios). Mais le problème reste entier: comment faire comprendre à des jeunes comme ceux qui étaient fascinés par cette vidéo et qui n'ont aucun recul que c'est pas bien et qu'il faut pas le faire ??

Cette banalisation de la violence au sein de la "culture de quartier" est inquiétante. A quoi sert un témoignage sans analyse ?

Pour ma part je condamne pour le moment. J'en parlerai avec des gens qui vivent dans ces conditions pour essayer de comprendre un peu plus, mais ma première réaction est le dégoût et le rejet absolu de ce genre de vidéo !

Déjà que j'ai toujours rejeté la série "Taxi" et son culte du beauf... :o)

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05 janvier 2008

Rezolatino


Tous mes voeux de bonheur au dernier né des blogs latinos REZOLATINO !

Toutes mes félicitations aux parents (JL et Milagros)

Saluons tous ce joli projet et cette idée indispensable pour ceux qui fatigués de Google !!

Longue vie à Rezolatino alors !!

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...et C comme Capoté !


L'Opération Emmanuel a capoté.

C'était prévisible, négocier contre des terroristes n'est pas facile et surtout si des enjeux de souveraineté nationale sont en jeu...

Alors aujourd'hui, le dindon de la farce c'est Chávez. Il avait beaucoup misé sur cette affaire, en a fait un débat national au Venezuela. Il parlait de paix et d'hummanité. Tous les programmes des chaînes nationales ne parlaient que de cela. Les attaques contre le gouvernement colombien étaient quotidiennes (le sont encore) et féroces. Et tout ça pour ça...

Le grand vainqueur (pour le moment) c'est Uribe, c'est aussi la famille de Rojas qui récupère ainsi l'enfant. Mais pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour dévoiler son existence ? C'est un coup bas et inhumain qu'a porté Uribe à Chávez.

Mais si l'affaire est visiblement loin d'être terminée puisque certains prétendent que dans le schmliblick, le Venezuela aurait payé $ 500.000 américains et qu'ils n'auraient pour le moment rien obtenu en contre partie. Ce qui revient à financer les FARC en somme... Mais le Président Chávez dit quant à lui que l'opération n'est pas finie et qu'elle entre dans une autre phase qu'il ne peut dévoiler pour le moment (comprendre que les FARC doivent passer au Venezuela).

Il est encore bien tôt pour tirer des conclusions de toute cette affaire. Nous devrons attendre un peu pour pouvoir faire un bilan de cette parodie de libération qui s'est achevée comme elle a commencé: par une lettre adressée à Chávez.

Et comme je suis odieux et que je ne résiste pas à la tentation, je vais pouvoir balancer ce que j'adore dire : Je l'avais bien dit non ??? On ne négocie pas avec des terroristes, ils vous utilisent !

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03 janvier 2008

Feliz Año

A tous les lecteurs, mes amis et la famille: une bonne et heureuse année 2008 !

Comme on dit ici, que tout ce qui ne vous a pas été concédé en 2007, le soit en 2008 !

Du bonheur (surtout), la santé (aussi) et de l'aisance (quand même) !

Dans la liste des posts à faire en 2008 :
- Je continuerai ma série sur le voyage que j'ai fait en septembre: Coro (partie 2), Maracaibo, la Gran Sabana...
- Nous parlerons de "l'heure de folie" (la hora loca), du mariage venezuelien, des pénuries de lait...
- Nous commenterons la vie politique: la réforme constitutionnelle II (le retour), le bolívar nouveau et l'actualité
- Nous rirons un peu quand je vous raconterai comment un dirigeant politique m'a proposé de devenir conseiller personnel du "futur" gouverneur (d'opposition) d'un grand état du pays !

Et puis ce qui me passera par la tête aussi... y'a tellement à dire et si peu de temps pour le faire !

BONNE ET HEUREUSE ANNÉE A VOUS TOUS

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