Finalement, on aura pas attendu longtemps pour voir les déclarations s'enchaîner et indiquer quelles vont être les tendeances à venir.
Une défaite du OUI plutôt qu'une victoire du NONC'est une défaite assez étrange qu'a vécue Chávez cette fois-ci. On pourrait croire que c'est la démocratie qui a gagné, mais les évenements de ces derniers jours ont mis un voile d'opacité sur ce qu'il s'est réellement passé le 2 décembre.
L'opposition a eu 4,5 millions de votes, en légère progression depuis la dernière élection présidentielle de 2006 à laquelle ils avaient obtenu 4.2 millions de votes.
Le gouvernement quant à lui a obtenu 4,2 millions de votes, en très forte regression depuis la dernière élection à laquelle ils avaient obtenu plus de 7 millions de votes !
Les 3 millions de chavistes qui n'ont pas voté ont donc fait perdre le OUI au referendum. Conclusion facile... trop facile !!
Inversement de la tendance politique ?Beaucoup trop facile... Non, les 3 millions de chavistes qui n'ont pas voté n'ont pas fait perdre l'élection à ce gouvernement. Pourquoi ? parce que les secteurs populaires qui ont amené Chávez au pouvoir, ceux qui ont bravé l'armée et martelé le pavé pour un retour du Comandante lors du coup d'État de 2002 et l'ont réélu en décembre dernier n'ont pas suivi cette fois-ci. Les juridictions les plus populaires ont voté CONTRE la Réforme Conctitutionnelle (Petare, Miranda...).
Quel étrange renversement de tendance ! Cela me rappelle l'électoral Lepéniste ouvrier... qui passe du PC au FN ! Le motif en est peut-être plus semblable qu'on pourrait le penser puisque dans certaines classes, la déception et la trahison des leaders de gauche cause parfois une réaction épidermique et une haine de ce qui était jadis objet de tellement de passions.
Dans les gens qui avaient voté pour Chávez en décembre passé que j'ai rencontrés, la majorité m'a confié ne pas vouloir voter pour cette Réforme dangeureuse à leur avis. "Mais je dois le faire, sinon..." me disaient certains. "Tant pis, je vais me risquer à voter contre !" me lançaient d'autres plus courageux.
Mais alors, qui a pu voter la Réforme qui a quand mème recueilli pas loin de 50% des votes ?! La réponse est simple: les opposants infiltrés dans la machine chaviste et qui ont su trouver un bon poste. Ils ne veulent pas le perdre et vote donc en faveur du processus. (->
lire un article sur le logiciel qui entrave le secret du vote -sources non vérifiée-)
C'est difficile pour moi de comprendre cela. Je préfère manger de la vache enragée que me vendre, mais visiblement ici la réalité est différente. J'ai sûrement besoin de m'actualiser !
Motivation militaireOn pourrait penser que Chávez doit remettre l'ouvrage sur le métier et retravailler sa proposition de révolution et la faire plus "sexy" pour les masses. Certains leaders de son parti disent même qu'il ont perdu l'humilité qui les caractérisaient et qu'ils se sont éloignés des fidèles et qu'il faut se remettre en question.
Mais Chávez est de l'école militaire. Convaincu que ses électeurs sont des soldats qui le suivront où qu'il aille, il a décidé de gérer cette crise "comme un homme, un vrai" ! Il crie à ses partisans que si le projet n'est pas passé, c'est de leur faute ! "
On a perdu dans les quartiers où nous avions toujours gagné, et ça c'est de votre faute... vous n'avez pas rempli votre mission, vos objectifs... nous avons perdu à cause de votre manque de valeurs, de courage, d'éthique !".
Il explique même que voter contre la Réforme c'était voter pour l'Empire (les USA) et pour Bush. Et d'ajouter: "
ceux qui se disent chavistes et ont voté contre la réforme ont voté pour Bush, mème s'ils ne veulent pas le reconnaître ! Ahhhh... ils ont voté contre parce qu'ils n'ont pas reçu leur bourse, on leur a pas réparé le toit de leur baraque, on leur a pas repeint leur maison... et ça ça se dit révolutionnaires ?? des révolutionnaires comme ça j'en veux pas !! Je ne veux travailler qu'avec les vrais révolutionnaires, et s'il ne doit en rester que 4, et bien nous travaillerons seulement nous 4 ! Mais personne n'arrêtera la Révolution !"
Si dans un bataillon d'infanterie de marine ce genre de discours est galvanisant, je suis pas sûr que le peuple réagisse de la même manière. Seul l'avenir nous le dira.
Surprenant !!Pourtant habituée à dire des âneries au moment le moins opportun, l'opposition reste cette fois-ci étrangement muette. Ils regardent les membres du pouvoir en place se déchirer et commencer ce qui s'apparente à une autodétruction... attitude pour le moins habile et qui surprend après la désastreuse intervention de Manuel Rosales le dimanche en question !
Le plus étrange est le sentiment d'implosion que donne le nouveau-né qu'est le PSUV (Parti Socialiste Unifié de Vzla, parti de Chávez) et les remises en questions extrêmes et vraiment pas indispensables ! Le Referendum portait sur la Réforme de la Constitution, pas sur le Président ni sur le socialisme du XXIème siècle. Je n'arrive pas à saisir pourquoi tant d'empressement à démolir ce qui avait été si difficile à construire. En faisant un effort de mémoire pré-referendum, je me souviens que les divisions dans le PSUV ont commencé avant le referendum. L'exclusion de Tascón (fidèle parmi les fidèles) en a été le fait le plus marquant. Et il avait d'ailleurs fait un discours disant que le parti était infiltré et que les opposants à la Révolution en avaient pris secrètement le pouvoir... La réaction post-referendum ressemble à une confirmation des déclarations de Tascón.
Ces arguments de suprise face au début d'implosion du PSUV sont d'ailleurs habilement repris par l'opposition qui s'en sert pour accélerer le processus. Et tant que Chávez ne tourne pas la page "referendum" et continue à fustiger ses proches et ses partisans hésitants, le silence de l'opposition sera une arme tranchante face aux gesticulations du gouvernement.
On peut ne pas être d'accord avec ce mouvement que je trouve extrêmiste, il n'en reste pas moins que certaines avancées sont bénéfiques pour le peuple et que l'effort considérable fourni aujourd'hui pour détruire le projet bolivarien me laisse bouche bée !
C'est peut-être ça être fanatique, passer d'un extrême à l'autre...
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