Le Venezuela, pays de la Révolution Socialiste et de tous les contrastes. Ce blog c'est le récit de mon quotidien dans ce pays: je parle de tout, ce qui me fascine ici, mais aussi ce qui m'effraie. Je tente quelques analyses perso alors n'hésitez pas à me faire des commentaires !

12 décembre 2006

Rencontre


Toujours ce problème de photos qui se mettent pas dans les messages... grrr :o(

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Petit, petit, petit... tout est petit dans notre vie !

"Petit, petit, petit
Tout est mini dans notre vie
Mini-moke et mini-jupe
Mini-moche et lilliput
Il est mini Docteur Schweitzer
Mini mini ça manque d'air
Mini-jupe et mini-moque
Miniature de quoi je me moque
Ministère et terminus
Minimum et minibus" (+)

Et surtout, que le monde est petit !! Mon exil volontaire m'a permis de me rendre compte de pas mal de choses étranges. Entre elles, je me suis rendu compte à quel point le monde est petit. C'est triste mais notre planète est vraiment pas grande !! D'une part parce que bien que vivant de l'autre bout du monde, les gens sont grosso modo les mêmes ! Mais aussi par les rencontres qu'on peut y faire, et...

"dans la famille rencontres-incroyables-dont-on-parle-toute-sa-vie-et-jusqu'à-ses-petits-enfants je demande Monika rencontre Gaël" :o)

Je vais faire court, mais ça mérite un long long article tellement ce moment a été fort !

J'ai rencontré une "copine de travail" dans mon hôtel ! Chose assez ordinaire quand on vit en France, assez surprenante quand on la rencontre dans une autre ville, incroyable quand on la rencontre en Belgique... mais imaginez-vous la rencontrer au Venezuela après avoir déménagé !!

Cette jeune fille sur la photo s'appelle Monika, c'est une journaliste polonaise avec qui j'avais super-sympathisé lors d'une visite de presse à Morillon quand j'y travaillais. Je leur avais servi de guide dans les alpages et avec son collègue Pawel, nous avions descendu une bouteille d'eau de vie (en faisant des canards) et surtout bien ri ! Nous avions ensuite échangé quelques emails professionnels et un ou deux plus persos, mais bon.. les contacts se font et se défont. Le temps est passé et nous nous sommes oubliés mutuellement, même s'il restait en nous un bon souvenir !

Et l'autre jour, j'étais un peu crevé de ma journée de boulot et je décide de rentrer chez moi. Mais arrive le guide d'un groupe de polonais avec qui je devais discuter de sa réservation super mal faite, et en sa compagnie je vois cette jeune fille. "Je la connais, mais d'où?" Et en recherchant, je me demande si je l'ai déjà vue ici à l'hôtel. C'est p'têt une guide qui vient souvent...

Puis PAN! ça m'est arrivé ! J'en crois pas mes yeux et je demande donc: "elle est journaliste non??", elle me regarde et me répond que oui... je luis redemande "pour Podroze??" et elle me sourit en me demandant: "on se connait??". "oui, quand vous êtes venus à Morillon en Haute Savoie il y a 5 ans !!"... Elle a autant halluciné que moi !

On a passé la soirée ensemble à discuter de ces 5 ans, de pourquoi je suis venu ici (encore et toujours la même explication haha) et de ce qu'est devenu Pawel... D'ailleurs pour l'orgueil des Morillonais, les journalistes polonais ont vu pas mal de stations de ski et de montagne française (2 à 3 voyage par saison !!!) et c'est le meilleur souvenir qu'ils ont ! Ils ont adoré tout ce qu'il y ont fait et en reparle souvent en Pologne ! C'est même la destination-conseil qu'ils donnnent à tous leurs amis !

Bref, vous voyez un peu l'incroyabalité de la rencontre ???

Il semble cependant qu'il y a une explication à cela : il paraît que les gens qui voyagent beaucoup ont forcément plus de chance de se rencontrer que les autres. Surtout dans des endroits peu fréquentés par le touriste "commun"... c'est vrai qu'il y a pas beaucoup d'avanturier en fait, c'est une élite économique, sans parler des langues qu'il faut parler, la curiosité et la disponibilité ! Bref, elle voyage énormément et ça facilite les coïncidences comme celle-ci !!

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04 décembre 2006

And ze winner is....

Plutôt que de vous faire un long récit sur le résultat des élections, je préfère laisser la parole à Nicolas Bérubé qui résume très bien ce qu'il s'est passé, avec un poil plus de talent que moi !



Chavez rafle la présidence

Nicolas Bérubé

La Presse

Caracas



"Le président Hugo Chavez était en bonne voie de remporter une victoire écrasante hier au Venezuela. Cela donne un second souffle à sa révolution socialiste, qui vise à contrecarrer l'influence de Washington en Amérique latine.

Après le dépouillement des trois quarts des bulletins de vote, Hugo Chavez menait avec 61 % des voix, contre 38 % pour son adversaire, Manuel Rosales.

Dès l'annonce des résultats, des feux d'artifice ont éclaté dans le ciel de Caracas alors que des milliers de supporters du président célébraient bruyamment dans les rues rendues brillantes par la pluie.

« La victoire d'aujourd'hui, c'est la victoire de tout le Venezuela! C'est la victoire du socialisme! » a lancé Chavez hier soir dans un discours émotif prononcé depuis le balcon du palais présidentiel.
Grand favori dans les sondages, Hugo Chavez, 52 ans, a été reconduit au pouvoir pour six ans. Après avoir raté un coup d'État en 1992, il a été élu démocratiquement en 1998, puis de nouveau en 2000. En 2004, Chavez avait facilement remporté un référendum réclamé par l'opposition.

Infatigable critique de l'administration Bush, Chavez a tellement parlé des États-Unis durant sa campagne électorale qu'on l'a accusé de se comporter comme si Bush était son adversaire sur les bulletins de vote.

Les élections se sont généralement déroulées dans le calme. Les autorités ont signalé que des électeurs avaient été intimidés en quelques endroits, mais il semble s'agir d'incidents isolés.

La révolution de Chavez trouve ses racines dans le combat mené au XIXe siècle par Simon Bolivar, qui a réussi à chasser les Espagnols du Venezuela, de Colombie, du Pérou et de l'Équateur.

Une capitale sous haute sécurité

Ironiquement, le Venezuela avait des airs de pays dictatorial hier. Les rues du centre-ville ont été pratiquement désertes toute la journée, et environ 90% des commerces sont restés fermés. Des postes militaires protégés par des sacs de sable et des fusils mitrailleurs ont apparu aux carrefours des grandes artères.

Dans la matinée, le président Chavez est allé voter dans un barrio, un quartier pauvre de la capitale, où il est arrivé à bord d'une vieille Volkswagen Beetle rouge. « Je suis absolument certain que le processus électoral sera transparent. Alors votons et attendons calmement que les résultats soient compilés », a-t-il déclaré devant une foule de supporters.

Des foules immenses étaient rassemblées autour des bureaux de vote. En un point du centre-ville, on comptait à vue de nez plus de 3000 personnes. Arrivés pendant la nuit ou à l'aube, certains électeurs ont dû patienter pendant cinq heures avant de pouvoir voter. Des citoyens interrogés ont dit que l'attente n'était pas inhabituelle et que la situation était semblable aux élections antérieures.

« J'ai voté! » a lancé Carlos Moreno en montrant son doigt marqué d'encre bleue, signe employé par la Commission des élections pour éviter les votes multiples. « Je me suis levé à 4 h du matin pour voter pour mon président avant d'aller travailler. Ça valait la peine. Chavez a besoin de nous aujourd'hui. »

La tension était palpable dans les rues, où l'on remarquait beaucoup plus de policiers qu'à l'accoutumée. Depuis samedi soir, les bars et les restaurants n'ont plus le droit de vendre d'alcool, une mesure qui vise à assurer l'ordre public. Des Vénézuéliens donnaient ce conseil aux étrangers de passage : « Soyez sur vos gardes, dimanche, tout peu arriver. Soyez prudents. »

Visite nocturne

L'auteur de ces lignes a d'ailleurs reçu la visite surprise de gardes du palais national dans sa chambre d'hôtel vers 23 h samedi soir. Armés de carabines, protégés par des gilets pare-balles, ils ont demandé à voir sa carte de presse, son passeport et les photos qu'il a prises avec son appareil numérique durant son séjour. C'est que la fenêtre de sa chambre offre une vue imprenable sur la cour intérieure du palais présidentiel. Il paraît qu'on l'a vu à sa fenêtre, avec sa tête de Nord-Américain, et qu'on s'est demandé ce qu'il faisait dans cet hôtel surtout fréquenté par des Vénézuéliens.

Il prenait l'air, voilà ce qu'il faisait."

Voilà, résultat attendu d'une élection gagnée d'avance dont les seuls surpris sont les Vénézuéliens eux-mêmes ! Quoique...

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03 décembre 2006

Elections du 3.12.06

13H15: A l'heure qu'il est, les gens sont encore en train de voter. Je n'avais jusqu'alors pas trop parlé de cette campagne car je m'en éloignais volontairement. Au début pourtant je m'y suis intéressé vu que 1/ j'adore la politique et que 2/ c'est mon pays maintenant.

Mais vu le flot d'âneries qui se sont dites à l'ouverture de la campagne et le fait que l'élection se passe en un seul tour, je me suis dit que je laisserais les glands s'entretuer et que je reprendrais les débats quand il y aura clairement 2 camps identifiés. L'un des deux clans est connu: Sa Sérenissime Altesse Chavez 1er, roi du pétrole depuis 1998. Et oui... 1998 ! A l'époque où Zidane avait des cheveux et brandissait la Coupe du Monde... ça en fait un bail non ??

Donc Chavez est arrivé pour faire sa révolution et depuis 1998... rien ! Ou pas grand chose. Des effets d'annonce, de la popularité mais zéro résultat. Depuis 6 mois, toutes les chaines de télévision sont obligées de transmettre les pubs du gouvernement (c'est pas politique... c'est le gouvernement démocratiquement élu blablabla). Pubs dans lesquelles on trouve TOUTES les NOMBREUSES réalisations du Gouvernement: on donne le ba à des illétrés, on a multiplié le nombre de retraité par 2, le salaire minimum par 5 (depuis 1998) et limité l'inflation à 15% (ce mois-ci)... contruit une ligne de métro supplémentaire à Caracas, fini le métro a Maracaïbo, une ligne de train de 50km depuis Caracas vers l'ouest (qui marche pas encore bien en fait...), un barrage, 2 ou 3 autoroutes de 150km (le pays fait 2 fois la France) et puis je sais plus trop quoi... tout plein d'accords de principe avec les autres pays (pas des contrats, des accords de principes) et la création d'une identité latino-américaine qui s'eloigne de l'impérialisme nord-américain (même si en fin de compte elle y trouve son essence).

Chez nous, un gouvernement qui présente un bilan comme ça, on lui dit: c'est tout ?? Ici non, le gouvernement est fier et l'opposition dit que ces projets viennent du gouvernement antérieur et qu'ils n'ont fait que les terminer. C'est ce qu'on appelle en faire "moins que rien" non ?

Le 2ème clan était identifié, encore fallait-il trouver un leader incontestablement incontesté ! C'est finalement Rosales qui s'est imposé dans ce jeu de manipulations. Rosales, c'est le seul Gouverneur non chaviste du pays. C'est un leader de l'opposition depuis longemps puisque comme nous le rappellent les pubs du Gouvernement en place, il était présent lors du coup d'état (=golpe de estado) de Carmona en 2002 et qu'il a prêté allégeance à ce dictateur en puissance. Mais alors, comme le dit la TV chaviste, Rosales n'est pas un démocrate, bien au contraire !!!

Oui, appelons un chat "un chat", c'est un méchant "golpista" comme on dit ici (de golpe de estado) ! Et puisqu'on est dans la confession, alors ajoutons que Chavez lui même a fait 2 tentatives de coup détat... c'est du joli ! Alors comme c'est gênant, les chavistes disent que ce n'était pas des coups d'état manqués, mais plutôt des "tentatives" (intentones) !!! Ce qui est moins grave en somme, puisque le méchant Rosales lui approuvait un coup d'état qui, lui, a résussi pendant 48H. Tout est dans le verbe, n'est-ce pas ?

Mais quand je parle d'âneries, je parle de la guerre de populisme que se mènent les deux candidats ! C'est parait-il une spécialité des campagnes présidentielles ici !?!

Les vénézuéliens sont convaincus qu'ils ont tous "propriétaires" du pétrole dont bénéficie le pays. Quand PDVSA (l'EDF locale, mais pour le pétrole) extrait du pétrole, elle extrait le pétrole du peuple... donc faut lui rendre d'une manière ou d'une autre. Il y a même des pubs à la télé avec des gens qui disent:

"c'est MON pays, c'est MON pétrole, c'est MON argent !!!"

En conséquence, Chavez dit qu'il faut "semer le pétrole" en faisant des missions censées panser les plaies d'un pays où l'administration de fonctionne pas. On fait des dispensaires (Misión Barrio Adentro), des écoles pour adultes analphabètes (Misión Ribas), on envoie des gens se faire opérer à Cuba (Misión Milagro), on donne des carte d'identié dans la rue (Misión Identidad) etc... c'est infini le nombre de missions qui grosso-modo font ce que la lourde machine adminstrative ne fait pas. Problème: y'a jamais de sous pour ces missions... on compte sur le zèle de personnes motivées qui se défoncent pour les autres, et l'argent qui arrive passe directement dans les poches des chefs de missions.

Fort de ce constat, Rosales crie à qui veut l'entendre que ces missions ne fonctionnent pas et qu'elles devaient être temporaires et pas pérennes... Alors il propose de couper court à tout ça et de laisser les gens se débrouiller avec les sous-sous. La solution ? Un compte par vénézuélien, de l'argent qui y tombe tous les mois et une jolie carte de crédit noire comme le pétrole. Comment ? On prend 10% des bénéfices du pétrole et on le verse DIRECTEMENT à chaque vénézuélien. C'est censé activer l'activité économique et permettre aux citoyens d'investir dans de petits businesses... Quiconque s'y connait un peu en économie sait que c'est une grotesque abomination: pourquoi bosser quand on touche des allocs ? Et le pire c'est qu'en France on valorise un peu le travail, ici pas du tout ! C'est la culture du facilisme: pour bosser pour gagner 2 quand en foutant rien tu gagnes 1 ??

Au niveau macro-économique aussi c'est une ânerie ! Les conséquences sont évidents: inflation, PIB qui continue à chuter en flèche et bie sûr importantions qui explosent. Grosso modo, le Venezuela est un nouveau riche qui ne produit rien et qui achète tout aux autres... et bien cette carte de crédit qu'ils appellent "Mi Negra" (ma "noire"... que c'est chic !) ne ferait qu'accentuer cet énorme défaut qu'il faut corriger.

Alors comme dirait ma femme ici: "entre Guatemala et Guatepeor*" il faut choisir !

C'est bien ça qu'on détermine, qui va être le prochain Roi du pétrole ? A écouter les rumeurs, "Chavez ne va pas gagner, mais il ne peut pas perdre...". Lire: il a truqué les élections. A en croire les pro-chavez, il va se passer quelque chose ! Lire: va y'avoir révolte et morts à la clé. Dans tous les cas, lesdeux clans ne se lassent pas de prévoir que le clan perdant n'acceptera pas le verdict des urnes (électroniques... on en reparlera car c'est tout sauf démocratique...) et par conséquent ils ont tous leur "plan B".

Moi j'ai bien l'impression qu'ils râleront... vu que Chavez va gagner. Et je sais bien qu'ils vont se révolter un peu... puis ils vont bien devoir avaler la pilule et continuer leur vie dans leur coin. Comme y'a 2 jours. C'est une observation que j'avais faite il y a un moment déjà: c'est un peuple qui se révolte pour des questions de forme, mais dans le fond c'est un peuple très (trop) passif qui n'a pas trop d'ambitions pour le pays. Juste une ambition personnelle qui, multipliée par 26 millions, donne un sacré bordel !

Alors en ce jour d'espoir pour tous ceux qui font la queue pendant des heures pour aller voter (vote électronique oblige), je veux juste passer une annonce: si quelqu'un dans la salle a des notions d'économie, de politique, d'humanisme, de courtoisie et un peu d'ambition... SVP envoyer votre candidature à la présidentielle vénézuelienne. Merki !






* Guatemala c'est le pays, mais le sufixe -mala veut dire "mauvais"... donc entre Guatemauvais et Guatepire.. il faut choisir !

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