Le Venezuela, pays de la Révolution Socialiste et de tous les contrastes. Ce blog c'est le récit de mon quotidien dans ce pays: je parle de tout, ce qui me fascine ici, mais aussi ce qui m'effraie. Je tente quelques analyses perso alors n'hésitez pas à me faire des commentaires !

30 janvier 2006

La cucaracha, la cucaracha (...) !

Cliquez sur la photo pour le voir en taille réelle

On connait tous cette chanson... mais qu'est-ce qu'une cucaracha ?

Eh bien il s'agit d'un cafard, c'est tout. Et ici y'en a des tonnes, de toutes les couleurs et de toutes les tailles. Des blancs, des noirs, marrons... des énormes comme des souris, des longs et des tout petits.

Notez que les petits cafards s'appellent les Chiripas. C'est la même chose, mais apparemment ça les dégoûte moins.

Y'en a plein dans le sous sol de l'immeuble de la belle-mère. Mais aucun dans son appartement . Je peux dormir en paix. Heureusement chez moi, j'en ai pas encore vu. Pourtant je cherche.

Je crois que je dormirais mieux à côté d'un mort qu'avec un cafard chez moi !

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Pas cher, le champagne...



Regardez bien cette promotion sur ce pétillant pas cher (1€ = entre 2800 et 3200 bolivars). Il va de soi que c'est un petillan limite imbuvable et que ce n'est pas du champagne. Mais ici le Champagne ça veut juste dire "vin mousseux de luxe". Ne cherchez pas l'AOC, c'est du local.

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Insolite



Dans un taxi entre deux centres commerciaux, Zulay me tapote l'épaule de me dit de regarder la voiture d'à côté. Une Toyota Corolla. Je ne remarque pas tout de suite pourquoi elle me dit de regarder. "Ce que les gens ne font pas pour éviter qu'on leur vole leur insigne..." ajoute-t-elle. Quoi ?!?!?! Oui oui, regardez de plus près... c'est bien du scotch de peintre que le propriétaire à mis sur sa voiture en guise de camouflage...

Y'a des fois, je me demande sur quelle planète je suis arrivé !

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LEONES, LEONES, LEONES...



Ça fait 12 heures que les Leones de Caracas ont battu les Tigres d'Aragua et la fête continue...

Oui, mais de quoi qu'il parle là ? De Baseball... ou plutôt beísbol comme on dit ici.

Depuis environ une semaine, on joue la finale de baseball entre Caracas la capitale et Maracay, une grande ville assez proche qui est à Caracas ce que Lyon est à Paris. Hier, les Leones (lions) ont fini par emporter leur 4ème match consécutif contre les Tigres et remporte donc le championnat national de Beísbol Profesional. Ils se qualifient donc pour la série des Caraïbes qui verront s'affronter les champions du Mexique, de Puerto Rico, de Rép. Dominicaine et du Venezuela.

Alors explication rapide de ce qu'est le baseball et ce que ça représente ici :

Le football n'ayant jamais réussi à s'imposer au Venezuela (même si l'actuelle équipe va me faire prochainement mentir), le sport national c'est le Baseball.

Rappel pour ceux qui ne connaissent pas : - Deux equipes s'affrontent sur un terrain triangulaire dans lequel est tracé un carré. - Un joueur d'une equipe lance la balle à un adversaire qui doit la "battre" avec sa batte et courir jusqu'au premier coin du carré. - Les membres de l'équipe du lanceur doivent attraper la balle et l'envoyer à leur coéquipiers qui sont aux coins du carré pour stopper la course du batteur. - A chaque fois que la balle est "battue" on a le droit de courir vers le prochain coin du carré. Si on a le temps on peut même avancer plus. Mais il ne faut pas se faire toucher par un joueur adverse qui aurait la balle entre les mains. - une fois le carré parcouru complètement on marque un point. - on inverse les équipes une fois que tous les batteurs sont passés. Bien sûr c'est plus compliqué que ça mais il vaut mieux faire simple !

Le championnat vénézuélien ne dure que 3 ou 4 mois et ne comporte que 2 divisions de 4 équipes chacune ! Les stars vénézuéliennes de la batte s'en vont ensuite jouer dans les "grandes ligues" aux USA. Ce qui doit dûrement expliquer la durée du championnat ici. Les affrontements ont deux temps forts : le championnat en soi, puis un tour d'élimination directe qui se joue au meilleur des 7 matches.

Hier donc les Lions de Caracas ont enfin gagné face aux Tigres tenants du titre depuis 2 ans. Les Tigres avaient gagné le premier match avec une facilité deconcertante, mais durant le week-end, les Leones ont fait leur retard et l'ont emporté finalement. (voir photos, le joueur de Caracas c'est Bob Abreu... leur Zidane national. Plus célèbre que le président de la république lui même, il fait des pubs pour Pepsi et prêche la bonne parole aux enfants à la TV).

Ici la fête était grandiose, bruyante et looongue ! Pendant une bonne partie de la nuit on a entendu les klaxons, les gens chanter, les sifflets, du verre brisé, des alarmes de voitures, de la musique très très forte, des pétards et des cris de partout.

En fait, si j'ai bien compris les Tigres avaient battu les Magallanes, l'équipe de cette partie du pays. Et il fallait donc que Caracas gagne contre les Tigres. Une autre partie des gens rencontrés disent que les Leones doivent absolument perdre car c'est Caracas et qu'ils se croient les meilleurs.

Quand je suis arrivé, on m'a demandé de quel côté j'étais. Leon, Tigre ou Magallanes ? Je leur ai dit que je savais pas, que j'aimais pas le baseball. Pour moi c'est plus un jeu qu'un sport. Les gars ont tous 35-40 ans, des bides plus gros que le mien et crachent tout le temps... Mais ils ont insisté, je DEVAIS prendre position : "Ici tout le monde supporte une équipe. Si tu y connais rien on s'en moque, choisis-en une juste pour rire !" me dit-on.

Flairant le danger, j'ai insisté sur le fait que je n'aimais pas ce jeu. Le danger ? oui, oui... ils auraient été capables de m'appeler hier à minuit si j'avais dit Tigres !! C'est une telle folie ici pour ce sport, que sur les vitres arrières des voitures, des gens peignent "Tigres pour tous !" ou bien "Leones en route pour la victoire" !! Les conversations finissent toujours par arriver au Baseball. Même (surtout?) les femmes se passionne pour le sujet. Et moi, anti-baseball je suis déjà un sujet de conversation. Ça les fait rire.

Vaut mieux qu'ils se moquent de moi parce que j'aime pas le baseball, plutôt qu'ils me collent à tout jamais une image de "magallanes" ou "tigres" sur ma porte, ma voiture, le front, les fenêtres de ma maison et qu'ils m'innondent de mails le jour de la défaite de mon équipe, de coup de fil, de sms etc. Au moins, je me mouille pas !

Pour moi, ça reste quand même un jeu de gros bides...

23 janvier 2006

Reggaeton : le rythme XXX...



S'il y a un rythme en ce moment qui fait fureur au Venezuela et partout en Amérique Centrale et du Sud, c'est bien le Reggaeton (Le rap n'ayant jamais réussi à s'imposer ici, bénits soient les latinos !)

Sorte de mélange de raggamufin, de R'n'B et de Rap, le Reggaeton s'est imposé comme LE mouvement musical des quartiers défavorisés Latinos. Son épicentre se situe dans les Caraïbes, et le Venezuela est gros producteurs de tubes de reggaeton.

Il faut savoir que si le Venezuela est ancré territorialement et politiquement en Amérique du Sud, il a pourtant un esprit plus antillais comme on dirait en France. Ce qui est typiquement local s'appelle d'ailleurs "criollo" (=créole !). On aime le tambor (très africain), danser jusqu'à ne plus tenir sur ses jambes, boire du rhum, la plage et les filles... Quand on parle de musique et de danse ici, personne ne parle du Brésil voisin, mais tout le monde évoque Cuba, la République Dominicaine, Trinidad et les autres îles des Caraïbes.

Pourquoi XXX ? Parce que comme tout ce qui vient des quartiers pauvres, les paroles sont extrêmement vulgaires et obscènes. Tout comme le Rap, on y voit des filles magnifiques qui se trémoussent face à la camera... mais ici les filles en discothèque et en soirée "familiales" le font aussi. Chaud ! Afin que vous compreniez mieux ce que je veux dire, je vais vous traduire les paroles d'un tube reggaeton qui est arrivé en France avant que je parte :

"La Gasolina"

Zumbale mambo pa' que mi gata prenda lo motore...
Zumbale mambo pa' que mi gata prenda lo motore...
Zumbale mambo pa' que mi gata prenda lo motore...

Fais ronfler le mambo pour que ma chatte (=gazèle) allume le moteur x3
Que se preparen que lo que viene es pa' que le den...
Préparez-vous car ce qui vient c'est pour que vous lui mettiez
(Duro!) Mami, ya yo se que tu no te me vas a quitar...
DUR ! Baby je sais que que tu ne t'échapperas pas...
(Duro!) Lo que me gusta es que tu te dejas llevar...
DUR ! Ce qui me plait c'est que tu ne te retiens pas...
(Duro!) Todos los weekend'es ella sale a vacilar...
DUR ! Tous les week-end, elle sort pour faire la fête...
(Duro!) Mi gata no para de janguear, porque...
DUR ! Ma gazèle n'arrête pas de traîner parce que...

Refrain
A ella le gusta la gasolina
Elle aime la gasolina
(Dame mas gasolina!)
Donne-moi plus de gasolina !
A ella le encanta la gasolina
Elle adore la gasolina
(Dame mas gasolina!)
Donne-moi plus de gasolina !

(j'espère que vous aurez noté que bien que gasolina=essence, je l'ai laissé pour ne pas gâcher le doux effet du jeu de mot gasolina<->vaseline qui est comme par hasard.. un autré dérivé du pétrole)

Une autre ? Euh... attention les yeux, à tenir hors de portée des enfants ! La vidéo de la musique c'est une grosse black qui est habillée très "hot" et qui a une chorégraphie spéciale... à chaque astérisque, imaginez-la montrant son pubis de ses deux pouces. Et quand il y aura deux astérisques, elle montre ses fesses.

"La Popola"

Ay no me des ma' na'
Aïe ne me mets plus rien
*que me duele la popola
Parce que j'ai mal à la popola
Ay no me des ma' na'
Aïe ne me mets plus rien
*que me duele la popola
Parce
que j'ai mal à la popola
**Ay dale por alla
Mais mets la par là
*pa' que descanse la popola
Pour que la popola se repose
**Ay dale por alla
Mais mets la par là

*pa' que descanse la popola
Pour que la popola se repose
Suave que le duele, que le duele la popola
Doucement parce qu'elle a mal, elle a mal à la popola
*ay no le des ma' na' que le duele la popola
Aïe ne lui mets plus rien, parce qu'elle a mal à la popola
*ay no me des ma' na' que me duele la popola
Aïe ne me mets plus rien, parce que j'ai mal à la popola

(Autre jeu de mot très subtil : AY veut dire aïe... mais les latinos ont une telle orthographe qu'on trouve plus souvent AY pour AHI = ici. Pour dire aïe ils disent OUCH. Je n'ai toujours pas toruvé la traduction exacte de popola. C'est son vagin, c'est sûr... mais j'ai pas le mot en français.)


Voilà, j'avais prévenu ! Notez que ces tubes sont dans la médiathèque, colonne de droite. J'y ai également mis "La Batidora" dans laquelle Don Omar demande a une fille de ne pas être timide et de rompre le "suelo" (=sol à la place de "sello"=scellé) et de se livrer à lui.

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La Danse du Singe


Chaque 28 décembre dans l'État de Monagas (Maturin, chez Zulay) de produit une fête étrange et qui m'a intrigué : El Baile del Mono / El Mono de Caicara (La Danse du Singe / Le Singe de Caicara).

C'est une fête très populaire de l'Est du pays y qui vient du peuple indigène de Caicara, les Chaimas. Ils pratiquaient ce rituel pour obtenir de bonnes et abondantes récoltes. Une autre théorie dit que cette tradition vient des colons espagnols du XIXème siècle.

Les gens qui désirent y participer se déguisent en fou ou en clochard, avec des vêtements très colorés et le visage peint en noir. Ensuite, ils sortent dans la rue et forment des "chenilles" (à la Queuleuleu comme dirait "Maître Ès Fiesta" Bézu) qui traversent le village. En tête de la chenille, se trouve le singe qui a été élu auparavant. Il est vétu de manière à ressembler le plus possible à un singe et agit comme tel.

C'est lui qui guide les pas des participants et ordonne aux badots et spectateurs de se joindre à la chenille. Ceux qui n'obéissent pas reçoivent des (vrais) coups de ceinture ou de fouet !

La folie gagne le village et ceux qui ne veulent pas participer doivent se calfeutrer chez eux. Les participants ont souvent une bouteille de rhum sous le bras, partout on trouve des ventes de nourriture et de bières. C'est une véritable orgie ! Certains préfèrent même quitter le village pendant 2 à 3 jours plutôt que de vivre cela !

Bien sûr, cette fête finit souvent par des bagarres entre "borrachos" (alcolos) et le singe se fait parfois même rosser par des non-participants pas contents de se prendre des coups de ceinture !

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19 janvier 2006

Accident Capillaire, les preuves!


A la demande quasi générale (Delphine, Teti, Guus...) voici la photo de Zulay et Gaël après son accident capillaire... Et on clique dessus pour la voir en plus grand !

Photo prise le 31 au soir, sur la terrasse d'un des 7 oncles et tantes de Zulay. J'ai l'air heureux non ?

:o)

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18 janvier 2006

A vot' bon coeur, M'sieurs-dames...
























Une des traditions familiales de Zulay est la générosité qui confine parfois à la naïveté la plus absolue. Les piliers de leur famille donnent tout et ont pour maxime "il n'y a pas de gloire à donner ce que vous avez en trop...". L'honneur se trouve dans le partage de ce que qui nous est nécessaire pour vivre.

Cette tradition se manifeste par un fort soutien familial, un conseil de famille de 16 oncles, tantes et conjoints... par des actions en faveur des plus démunis comme ce que j'ai pu vivre à Noël.

Le 25 décembre au matin, nous sommes montés dans les véhicules déjà pleins de jouets pour aller les distribuer dans un "barrio" (=bidonville) de Maturin qui s'appelle La Cruz. Nous sommes arrivés là-bas et en effet... c'est un bidonville (voir photos) ! Notre présence a tout de suite intrigué les enfants qui jouaient sur les chemins. Mais les parents restaient à l'ombre dans leur barraque de fortune.

Le chef du bidonville s'est approché et avait une liste de bénéficiaires écrite à la main. Il savait précisément combien d'enfants il y avait par barraque et leur sexe+âge. Magnifique ! J'aime donner, mais j'aime surtout que le don soit organisé. Sinon c'est n'importe quoi ! Les jouets ne sont pas luxueux, mais il y en a presque 200 pour environ 120 enfants.

Nous nous dirigeons vers la première maison du bidonville et on offre des joujous à une gamine émerveillée et surprise que le petit Jésus (=papa noël) vienne encore une fois à la maison ! La maman ravie elle aussi nous offre un petit verre de sangria bien frais qui nous engourdit les jambes sous le soleil de plomb. Les enfants se passent la nouvelle et lorsque nous arrivons à la seconde maison c'est déjà un petit attroupement autour de nous.

Les enfants nous encerclent, nous parlent, nous réclament déjà. Rien d'anormal.. mais on leur fait comprendre qu'ils doivent attendre leur tour. Tout le monde en aura, c'est promis ! Nous poursuivons notre tour et l'accueil est assez moyen finalement. Et le soleil... on a tous soif. Alors que je voulais prendre quelques photos naturelles, une des participantes à la distribution crie au enfants "regarde-moi ! Fais un sourire à la caméra ! Bah quoi, tu es pas heureux de ton jouet ?". Elle nous pousse, nous bouscule, parle fort et prend des photos de sa bonne action.

En fait, ce genre de personnes ça a le don de me mettre en colère. Elle me fait doucement retomber sur terre et je vois la distribution d'un autre oeil. C'est vrai finalement que les enfants ne sont pas aussi heureux qu'on pourrait le penser. Il n'y a pas beaucoup d'émotion dans leur regard à part quelques exceptions. Alors qu'on leur distribue des imitations de Barbie, certains ont reçu des parents des jouets électroniques voire même une nintendo pour un d'entre eux. Je comprends la frustration des gamins. Les généreux donnateurs passe le plus clair de leur temps à demander si ça leur plait. Les enfants osnt bien éduqués et disent que oui, très poliment. On s'en contente et on va à la maison d'à côté.

Ça prend tout d'un coup un air de mission de Casques Bleus. Un peu à côté de la plaque quoi. Je vois cette dinde qui continue a gesticuler pour faire des photos d'enfants paralysés par l'assemblée qui vient leur offrir un jouet bidon... et qui attendent de lui un sourire et un merci. Ces petits ne sont pas contraignants, ils disent tous merci (maman est derrière et lui souffle) alors qu'ils ne rêvent que d'une chose : le tout dernier jeu vidéo qui dépasse de la poche d'un des enfants qui fait la distribution avec nous.

Je suis pris d'un sentiment étrange. Entre déception, colère et impuissance.

Déception car si certains des donnateurs sont effectivement généreux, d'autres viennent chercher un peu de gloire et se donner bonne conscience pour l'année. J'ai l'impression de participer malgré moi à ce que je déteste. Les donnateurs ne se rendent même pas compte que leurs bijoux et leurs portables sont obcènes face à ces gens là.
Colère, car les enfants n'ont pas l'air d'aimer les jouets. C'est vrai que c'est trois fois rien, mais "de mon époque", ça aurait été suffisant. Cette course au jouet le plus génial pour son enfant conduit à ce genre de situation : une famille qui vit dans une barraque de 10 mètres carrés, qui vole l'électricité et l'eau qu'elle consomme... mais possède une voiture avec un super autoradio et des enceintes de pro et offre une Nintendo à son fils pour Noël. Alors qu'à l'école, ils mandient une brique de lait...
Impuissance car c'est comme partout. Ne pas acheter la brique de lait au petit, c'est pas un drame.. le gouvernement l'offre au plus pauvres. Par contre la Nintendo, personne ne va aider à l'acheter. Puisque la société tâche d'offrir le minimum vital, l'argent qu'on gagne on le dépense en choses superflues. "Il est essentiel d'avoir aussi du superflu" me direz-vous... Faux. C'est une mentalité française car peu de gens ont de réels problèmes. Ici, l'aide dont ces gens bénéficie n'est pas donnée à d'autres qui en ont peut-être plus besoin encore... mais qu'y peut-on ? Même en France ça se passe comme ça.

Nous sommes repartis avec quelques jouets sous le bras. Je ne sais pas si l'action aura eu un réel impact sur ce bidonville. Ce que je sais c'est que je n'y participerai pas l'année prochaine. Je vais me mettre un peu dans l'organisation de tout ça. On verra bien.

Bientôt : "Ciudad Bolívar" (ma ville) et "Sans commentaire... ou presque !" (insolites)

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Noël partie 2

Dans la colonne de droite, vous trouverez un lien qui s'appelle "la médiathèque du blog".

Allez y faire un tour, vous y trouverez trois musiques typiques de Noël et de la nouvelle année : El Burrito Sabanero (Noël), Sentir Zuliano (fêtes de Noël en général) et Viejo Año (Nouvel An).

Les "Gaitas" sont des chansons typiques de Noël. On y vante la beauté du pays, de sa région, des gens. C'est une forme de chant assez spéciale qui appelle à la nostalgie. Les expatriés vénézuéliens ne peuvent d'ailleurs pas l'écouter sans écraser une petite larme. C'est tellement typiquement "navideño" que ça leur paraît bizarre de l'écouter en dehors de cette période. C'est un peu notre "papa noël" de Tino Rossi.

Viejo Año. C'est poétique, gai, nostalgique et très vénézuélien. Le Groupe "Maracaibo 15" demande à l'année passée pourquoi elle est si triste ? Si c'est parce que elle est proche de partir, qu'on la jette hors de la maison et qu'elle ne sert plus à rien. "Mais ne pleure pas, bois donc un canon parce que moi, je me rappellerai de toi... Bientôt tu vas partir, les 12 coups de minuit vont sonner, et moi je suis aussi triste que toi, car il n'y a personne pour m'embrasser. Alors à ta santé je porterai un toast !". Eux ne peuvent pas être aussi nostalgiques et tristes que l'année passée car ils savent qu'une autre année arrive, pleine de joie et de bonheur. J'adore !

Burrito Sabanero. C'est super mignon. Un enfant chante qu'avec son petit âne, il est en chemin pour Belem. Si vous le voyez, il va à Belem. "Avec mon cuatrico (petit guitare à 4 cordes) j'y vais en chantant, et mon âne en courant. Touki touki touki touuuki... dépêche toi, nous allons voir Jésus" (paroles en espagnol).

Sentir Zuliano. Illustre chant du groupe Guaco. C'est LA gaita par excellence. Voyez plutôt le premier couplet : Quand je vais à Maracaïbo, et que je commence à traverser le pont, je ressens une émotion si grande que le brouillard occupe mon esprit. Je sens un noeud dans ma gorge et mon coeur me joue des tours. Et sans me rendre compte, je tremble. Et sans le vouloir, je suis en train de pleurer". Voilà tout est dit. Le tout avec une musique joyeuse et empreinte de nostalgie. (paroles en espagnol).

J'en ferai plus sur Noël l'année prochaine, puisque cette année a été marquée par la disparition du grand-père de Zulay. Et les festivités ont été plutôt sobres. D'habitude ils dansent, boivent comme des outres et finissent même par se disputer ! Il paraît que c'est vraiment folklo !

Ceci dit, le lendemain... en une journée, j'ai vu 8 personnes (6 hommes et 2 femmes) s'enfiler 6 caisses de bière (24 par caisse), 2 bouteilles de whisky et 1 de rhum, et le reste de la famille engouffrer 50 brochettes et 8 kilos de poisson en soupe... sans compter l'acompagnement de Casabe (galettes de manioc) et riz... première bière bue à 6h30 le matin. Nous sommes partis à 16h00.

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Accident Capillaire

Aller chez le coiffeur au Venezuela n'est pas tâche aisée...

En France, on se demande qui coupe bien ou pas bien. Mais ce n'est qu'une impression toute personnelle... les coiffeurs étants tous diplomés et travaillant souvent dans des salons de renom tels que JL David et autres "Mc Do" de la coiffure.

Au Venezuela, chaque coiffeur est plus ou moins à son compte. Il existe de grands salons avec plusieurs employés, mais ce que j'ai pu voir jusqu'à présent ce sont des coiffeurs individuels qui partagent le même espace. Un peu comme le rez de chaussée des Galeries Lafayette : un seul espace mais plusieurs boutiques. Alors après avoir choisi la coiffeuse, on discute de ce qu'on veut. Elle nous coiffe et on la paie directement.

Moi, c'est plutôt la coiffeuse qui m'a choisi. Je me suis assis dans le charmant petit espace qu'elle s'est aménagé. Sur le miroir on pouvait trouver la photo du Toutou, des enfants, du défunt grand père et d'un beau mec qui ressemble à Brad Pitt. Derrière, il y a un vieux poste de TV couleur qui hurle des chansons Star-académiciennes qui font chantonner la coiffeuse qui me demande ce que je veux.

Je lui explique la tâche qui l'attend : la même chose, en plus court ! Bref, un dégradé avec une raie sur le milieu. J'insiste sur le fait qu'il faut désépaissir sur le dessus. Je demande les oreilles et la nuque dégagées. Elle me sourit et me demande si je suis "gringo" (=nord américain). Je lui ai dit que non, que j'étais français. "Ohhh ! Moi j'ai demandé un fiancé français au petit Jésus (=père Noël), mais je ne l'ai pas reçu..." me lance-t-elle !!! Un peu gêné, je lui rétorque que ma fiancée aussi avait demandé la même chose et qu'elle, par contre, l'avait eu.

Je pensais m'être sauvé de la coiffeuse et que nous reviendrions à des considérations plus "capillistiques". Mais elle n'a pas arrêté de me parler d'un ex d'origine française qui ne laissait personne le coiffer sauf elle... et blablablabla ! Moi je regarde du coin de l'oeil la TV où des ados en maillot de bain dansent autour d'une piscine alors qu'ils sont sur une plage. Je ne lui prête pas beaucoup d'attention pour éviter qu'elle poursuive sa drague un peu trop directe. Mais elle continue à m'interroger : où je vis ? quel est mon métier ? pourquoi je suis venu ? Je préfère les vénézueliennes ou les françaises ? et blablabli blablablo... Elle me saoûle ! Je prie pour que le calvaire s'achève bientôt car je ne la supporte plus. Elle passe plus de temps à me regarder dans les yeux que regarder ce qu'elle fait. Et l'inévitable arriva...

Elle me montre une première fois ce qu'elle a fait et ça me paraît pas mal. Sauf que sur le dessus elle n'avait pas désépaissi. Je lui indique gentiment et elle me répond qu'elle connait son boulot, que c'est pas fini. Elle empoigne sa paire de ciseaux et vas-y que je coupe et blablatant (encore !). Si bien qu'à la fin il me reste presque plus d'épaisseur sur la tête.. mais plus de longueur non plus. Alors là j'objecte -tout en sachant que c'était peine perdue... elle allait pas me recoller les cheveux- et elle, ne perdant pas le nord, me rappelle qu'elle sait ce qu'elle fait.

Elle me sèche les cheveux et quand je regarde le miroir, j'ai la tête de Gino. Le faux mafioso, proxénète à ses heures, qu'on trouve toujours dans les feuilletons de "2 Flics à Miami". Le brushing fait tellement peur, que ça pourrait figurer dans le best-of d'à la Recherche de la Nouvelle Star...

Je lui demande de rectifier et de me mettre la raie sur le milieu. Je contate alors avec horreur qu'elle à coupé la frange de travers et que j'ai deux épis sur la tête. Je la paie vite fait et je sors de son ravissant petit espace... en courant.

En sortant, nous sommes allés acheter du gel. Maintenant je me coiffe comme un membre des Boyzone... Appelons cela le "pseudo décoiffé du fils à papa". Génial...

Moralité : la prochaine fois j'irai chez un homme. Je suis pas sûr qu'il coupe mieux, mais au moins il me draguera pas.

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