trois mots qui font rêver... comme le chantaient Patrick et Sylvaine dans l'illustre générique de ce feuilleton insupportable qui en est à sa 18ème saison (Buffy et Friends peuvent aller se rhabiller).
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Voici en très synthétique ce que je suis venu chercher au Venezuela.
Pourquoi aborder le sujet alors que j'ai eu maintes fois l'occasion d'en parler avec mes proches ? Tout simplement parceque même ici on me pose encore la question !!
"
comment Gaël ?? tu es fou !! Quitter la France, ce merveilleux pays, pour venir au Venezuela ?"
Bah euh... oui. Il est vrai que l'
amour m'a fait précipiter ce départ. Je n'étais a priori pas prêt et je suis quand même parti. Mais dans amour il n'y a pas que Zulay. Il y a aussi ce pays, ces gens, l'aventure en elle-même et ce qu'elle produit en moi.
En arrivant la première fois au Venezuela en 1998, j'ai eu une drôle de sensation. Rien ne me surprenait vraiment (même après avoir dépassé une camionnette conduisant en marche arrière sur l'autoroute), tout glissait naturellement et j'étais pris d'un sentiment de joie intense. Le même sentiment qu'on ressent quand on rentre chez soi après une longue absence. Lors de mon second voyage en 2001, j'étais cette fois-ci tout seul. J'ai pu vérifier que ce pays était bien le mien. Tout ce que je dis, fais ou entreprends ici tombe parfaitement bien. Plus besoin de paraître, plus besoin de se contrôler, plus besoin d'analyser avant d'agir. Tout coule de source et je me sens parfaitement à ma place sans aucun effort.
Quand je dis que ce pays est le mien, cela ne veut pas dire que la France ne l'est pas. Je ne supporte pas qu'on critique la France. Ça arrive parfois et ça m'ennerve. La France est le plus beau pays du monde, qu'on e le dise !! Mais je vais citer Jamel Debbouze qui, dans un spectacle à lui, dit qu'à la question : "tu préfères la France ou le Maroc ?" répondait "J'aime autant la France que le Maroc. Ce que tu me demandes là c'est comme de choisir entre mon père et ma mère... c'est impossible !". Tout y est je crois. Je suppose que la joie que je ressens aujourd'hui est due à la découverte de cette deuxième patrie. L'équilibre viendra plus tard.
De même, dans mes commentaires passés, je suis très critique à l'égard du Venezuela. Mais je suis aussi très critique à l'égard de la France. Mais c'est pas le sujet de ce blog, c'est tout. Et on peut très bien être critique à l'égard de sa mère et l'aimer profondément. Qui oserait dire le contraire ?
La
gloire est une chose qui pourrait bien arriver ici, hahaha ! Pour le moment tout le monde veut m'aider. On m'appelle pour me proposer de rencontrer telle personne qui va m'aider, on me présente les français qui sont ici etc. C'est pour eux un grand honneur qui les flatte qu'un français ait choisi délibérément de venir vivre ici malgré tout le mal qu'on dit du pays (aussi bien à l'étranger que dans les limites du pays même). Je ne sais pas combien de temps cela durera, mais tous ici me portent et croient en moi. Mais ne les croyez ps idiots pour autant... c'est loin d'être les indiens que certains pensent qu'ils sont ! tous ces gens sont arrivés d'Europe il y a 30 à 50 ans seulement. Et puis Ciudad Bolivar (la ville où je vis) compte pas loin de 500.000 habitants...
Enfin, la
beauté. Ici tout me paraît beau. Les femmes bien sûr --mais pas touche ! Zulay veille ;o) --, les paysages, les énormes voitures des années 60, les couleurs, les animaux, les maisons peintes, le folklore, la musique, les vieux, les camelots... je ne dit pas que tout est d'un beau universel. On peut naturellement se plaindre des cafards (bonne nouvelle j'en ai pas encore vu un seul chez moi), des poubelles dans la rue, du bruit incessant, de la pollution visible, des grafittis, des indigents, des camelots, de la criminalité, des bidon-villes etc... mais pour moi tout cela a un charme certain. Je suppose que c'est cette même incohérence qui fait dire à Zulay qu'elle adore mon bide hahaha :o) --ou bien à Ingrid qu'elle aime celui de Pierre :o) --
Bref, je suis venu chercher un peu de tout ça. Beaucoup d'amour, un peu de gloire et de beauté. C'est un peu mon rêve américain à moi, sauf qu'il est un peu plus au sud que celui de Joe Dassin et JJ Goldman.
En parlant de Goldman, "
là-bas" est un bon concentré de ce qui m'a motivé pendant longtemps.
"Là-bas, Tout est neuf et tout est sauvage, Libre continent sans grillage, Ici nos rêves sont étroits, C'est pour ça que j'irai là-bas. Ici tout est joué d'avance, Et l'on n'y peut rien changer" Moi j'ai eu envie de changer. Au Venezuela tout est possible. On peut avoir énormément de succès et monter très haut, très vite. Mais on peut aussi chuter très, très bas et très, très vite. En France nous avons un système social qui nous empêche (presque) de chuter très bas. On est (presque) toujours récupéré par la société. Mais la société c'est elle aussi qui t'empêche d'aller très haut. Il suffit d'en accepter les règles c'est tout.
J'ai toujours eu du mal avec les règles... :o)
A bientôt pour parler de Noël sous les tropiques !
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