Le Venezuela, pays de la Révolution Socialiste et de tous les contrastes. Ce blog c'est le récit de mon quotidien dans ce pays: je parle de tout, ce qui me fascine ici, mais aussi ce qui m'effraie. Je tente quelques analyses perso alors n'hésitez pas à me faire des commentaires !

29 décembre 2005

Aventures intérieures

L'intégration passe par certains rituels ;o)

J'ai envie de tout goûter ici, de l'iguane, du serpent, et tout plein de trucs bizarres qu'on ne trouve pas en France.

Pour ma première semaine avec la famille de Zulay ici, ce fut une réussite ! Âmes sensibles s'abstenir hehehe !

D'abord les fruits que j'ai mangés :

Pumalaca (poumalaca) ou pumarosa : un genre de pomme avec un noyau comme l'abricot. Très léger en fait, ça ressemble presque à une nectarine pas très sucrée. Sympa, mais pas mon favorit.
Máspara : c'est assez bizarre comme sensation. Le maspara est un petit fruit de la taille d'un petit abricot. On lui retire la peau d'un jaune/vert et à l'intérieur il y a un fruit qui a presque la texture du beurre en légérement plus sec. La chair est orangée mais le meilleur reste à venir : ce fruit à le goût du Malabar ! Je me suis cru retourné en enfance :o)
Níspero : un fruit qui paie pas de mine, ressemble à une poire un peu rabougrie. Quand on le cueille, il y a un lait très poisseux qui coule abondemment de la queue, la peau de ce fruit colle aussi d'ailleur un peu. Mais à l'intérieur se trouve un fruit très juteux qui a le goût du sucre de canne. Très aromatisé et très sucré.
N'oublions pas les classiques : coco, ananas, mangue, papaye, fruit de la passion...

Puis vient le meilleur, la viande :o)

Cachicamo ou Armadillo : petit animal à l'aspect vraiment répugnant mais qui a le goût de la côte de porc. Il m'a fallu du courage pour l'avaler mais c'est bon. Encore une image : ici ;o)

A venir :

Callos a la Madrileña : menu de demain. J'appréhende un peu en fait. C'est une recette madrilène de tripes qui est paraît-il succulente. On verra !
Caiman : Au menu de la semaine, avant de partir, le 3 janvier. Là j'ai hâte :o)
Lapa : J'ai pas encore bien saisi ce que c'était, on verra bien. Je sais juste que ça vient du fleuve (l'Orénoque, le 2ème plus grand fleuve d'Amérique du Sud derrière l'Amazone).
Chiguire (tchigouiré) : énorme rongeur de la taille d'un gros chien qui se mange traditionnellement lors de la semaine sainte. on ne mange pas de viande à cette occasion, et les venezueliens semblent considérer que ce n'est pas de la viande hehe :o)

A suivre...

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Noël, partie 1

Chose promise, chose dûe voici le premier message de noël.

Traditions:

Selon la tradition ici, ce n'est pas le père noël qui amène les cadeaux le 24 au soir mais directement le "niño Jesus" (l'enfant Jésus) et Noël est moins important que le nouvel an. Mais c'est là la plus grande différence avec nos fêtes de Noël au niveau des coutumes.

Les rues sont décorées avec des lumières, des guirlandes, des crèches gigantesques... on met partout de la mousse artificielle qui rappelle la neige, des angelots qui clignottent. C'est vraiment joli, sauf qu'il fait 30º à l'ombre ! Petite touche originale toutefois : les spains de noël sont évidemment en plastique, mais cette année ils sont tous passés au rouge, couleur de la révolution "néo-socialiste" chaviste (lire communiste).

Gastronomie :

Le menu typique pour Noël est composé d'Hallacas, Pan de Jamon (pain de jambon), Ensalada de Gallina (salade de poulet), pernil (porc) et Dulce de Lechoza (Papye confite). Ils accompagnent cela d'un Ponche Crema (crème au rhum proche du baileys) et de jus divers (melon, mangue etc...).

Suivez le guide :
Photo
Pan de Jamon : Photo
Ponche Crema : Photo

A suivre...

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20 décembre 2005

Amour, gloire et beauté...

trois mots qui font rêver... comme le chantaient Patrick et Sylvaine dans l'illustre générique de ce feuilleton insupportable qui en est à sa 18ème saison (Buffy et Friends peuvent aller se rhabiller).

Pour les fans -> cliquez ici

Voici en très synthétique ce que je suis venu chercher au Venezuela.

Pourquoi aborder le sujet alors que j'ai eu maintes fois l'occasion d'en parler avec mes proches ? Tout simplement parceque même ici on me pose encore la question !!

"comment Gaël ?? tu es fou !! Quitter la France, ce merveilleux pays, pour venir au Venezuela ?"

Bah euh... oui. Il est vrai que l'amour m'a fait précipiter ce départ. Je n'étais a priori pas prêt et je suis quand même parti. Mais dans amour il n'y a pas que Zulay. Il y a aussi ce pays, ces gens, l'aventure en elle-même et ce qu'elle produit en moi.

En arrivant la première fois au Venezuela en 1998, j'ai eu une drôle de sensation. Rien ne me surprenait vraiment (même après avoir dépassé une camionnette conduisant en marche arrière sur l'autoroute), tout glissait naturellement et j'étais pris d'un sentiment de joie intense. Le même sentiment qu'on ressent quand on rentre chez soi après une longue absence. Lors de mon second voyage en 2001, j'étais cette fois-ci tout seul. J'ai pu vérifier que ce pays était bien le mien. Tout ce que je dis, fais ou entreprends ici tombe parfaitement bien. Plus besoin de paraître, plus besoin de se contrôler, plus besoin d'analyser avant d'agir. Tout coule de source et je me sens parfaitement à ma place sans aucun effort.

Quand je dis que ce pays est le mien, cela ne veut pas dire que la France ne l'est pas. Je ne supporte pas qu'on critique la France. Ça arrive parfois et ça m'ennerve. La France est le plus beau pays du monde, qu'on e le dise !! Mais je vais citer Jamel Debbouze qui, dans un spectacle à lui, dit qu'à la question : "tu préfères la France ou le Maroc ?" répondait "J'aime autant la France que le Maroc. Ce que tu me demandes là c'est comme de choisir entre mon père et ma mère... c'est impossible !". Tout y est je crois. Je suppose que la joie que je ressens aujourd'hui est due à la découverte de cette deuxième patrie. L'équilibre viendra plus tard.

De même, dans mes commentaires passés, je suis très critique à l'égard du Venezuela. Mais je suis aussi très critique à l'égard de la France. Mais c'est pas le sujet de ce blog, c'est tout. Et on peut très bien être critique à l'égard de sa mère et l'aimer profondément. Qui oserait dire le contraire ?

La gloire est une chose qui pourrait bien arriver ici, hahaha ! Pour le moment tout le monde veut m'aider. On m'appelle pour me proposer de rencontrer telle personne qui va m'aider, on me présente les français qui sont ici etc. C'est pour eux un grand honneur qui les flatte qu'un français ait choisi délibérément de venir vivre ici malgré tout le mal qu'on dit du pays (aussi bien à l'étranger que dans les limites du pays même). Je ne sais pas combien de temps cela durera, mais tous ici me portent et croient en moi. Mais ne les croyez ps idiots pour autant... c'est loin d'être les indiens que certains pensent qu'ils sont ! tous ces gens sont arrivés d'Europe il y a 30 à 50 ans seulement. Et puis Ciudad Bolivar (la ville où je vis) compte pas loin de 500.000 habitants...

Enfin, la beauté. Ici tout me paraît beau. Les femmes bien sûr --mais pas touche ! Zulay veille ;o) --, les paysages, les énormes voitures des années 60, les couleurs, les animaux, les maisons peintes, le folklore, la musique, les vieux, les camelots... je ne dit pas que tout est d'un beau universel. On peut naturellement se plaindre des cafards (bonne nouvelle j'en ai pas encore vu un seul chez moi), des poubelles dans la rue, du bruit incessant, de la pollution visible, des grafittis, des indigents, des camelots, de la criminalité, des bidon-villes etc... mais pour moi tout cela a un charme certain. Je suppose que c'est cette même incohérence qui fait dire à Zulay qu'elle adore mon bide hahaha :o) --ou bien à Ingrid qu'elle aime celui de Pierre :o) --

Bref, je suis venu chercher un peu de tout ça. Beaucoup d'amour, un peu de gloire et de beauté. C'est un peu mon rêve américain à moi, sauf qu'il est un peu plus au sud que celui de Joe Dassin et JJ Goldman.

En parlant de Goldman, "là-bas" est un bon concentré de ce qui m'a motivé pendant longtemps. "Là-bas, Tout est neuf et tout est sauvage, Libre continent sans grillage, Ici nos rêves sont étroits, C'est pour ça que j'irai là-bas. Ici tout est joué d'avance, Et l'on n'y peut rien changer" Moi j'ai eu envie de changer. Au Venezuela tout est possible. On peut avoir énormément de succès et monter très haut, très vite. Mais on peut aussi chuter très, très bas et très, très vite. En France nous avons un système social qui nous empêche (presque) de chuter très bas. On est (presque) toujours récupéré par la société. Mais la société c'est elle aussi qui t'empêche d'aller très haut. Il suffit d'en accepter les règles c'est tout.

J'ai toujours eu du mal avec les règles... :o)

A bientôt pour parler de Noël sous les tropiques !

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18 décembre 2005

Tv et Politique

Message 2 du Forum du Mardi 6 décembre

c'est marrant comme en regardant la TV on peut toucher le pire du bout de la télécommande...

Les publicités sont incroyables ! Celltone est un produit miracle qui utilise la technologie avancée produit de la recherche sur... les escargots ! Comme vous le savez (si,si.. vous le savez) à chaque blessure que subit l'escargot sur sa coquille, il produit une enzyme qui va réparer cela et la consolider. De cette idée simple est venue l'avancée majeure CELLTONE. Il utilise la même enzyme pour réparer votre peau. Celltone vous aide à retirer les boutons d'acné, les cicatrices, les brûlures, les rides,les tâches de soleil, de rousseurs et uniformise la texture de la peau. Tout ça grâce à la bave de l'escargot... et dire qu'on les mange en France !

Il existe aussi une manière révolutionnaire de maigrir : la Hiesoterapia ! (=plâtrothérapie) C'est assez simple finalement : on se met une ceinture de pains de plâtre autour de la taille et des parties que l'on veut voir maigrir et le résultat ne se fait pas attendre : on maigrit efectivement en peu de temps. La cause en est d'après eux "miraculeuse" et de haute technologie. Après vérification, la pose d'un plâtre provoque une sudation importante du membre plâtré (deshydratation donc amincissement superficiel) ainsi qu'une atrophie des muscles (amincissement plus "profond"). C'est pas magnifique la technologie ?? Ils ont adapté le vulgaire plâtre sur lequel les copains viennent tous signer à une super cure d'amaigrissement dont on peut voir les résultats. Ajoutez à cela la petite enveloppe de plâtre en poudre qu'il faut diluer dans de l'eau avant de le boire.. et vous serez prêts à affronter les formes disgracieuses qui vous séparent de votre star préférée !

En regardant Meridiano Television (chaine de sports) je fus surpris car en plein journal sportif, le présentateur dit :
"Carlos Tevez a été élu meilleur joueur du championnat du Brésil et on prétend déjà que les plus grands clubs européens se l'arracheraient à prix d'or... à prix d'or, tout comme Outfat, le seul produit 100% naurel qui vous fera perdre entre 20 et 50 kilos ! Je suis sur que si Tevez était blessé et devait perdre du poids, il choisirait Outfat !"

... j'hallucinais... et en plein match de football entre Madrid et Getafe :

"gooooooooool de Ronaldo, gogogogogoooooooool un but tellement rafraîchissant pour le Real qui en avait bien besoin. Au moins aussi rafraîchissant que le Maltín Polar, la boisson maltée de vos moments inoubliables ! Regardez moi ce but... Ronaldo est vraiment là dans les moments importants de son club...".

J'ajouterais pour finir que Outfat est interdit en France parce que ce produit est effectivement un amincissant, mais il est considéré comme dangereux pour la santé (effets secondaires: coliques, boutons et plaques...). Bizarre comme sponsor pour une chaîne sportive.


Absurd-land !

J'apprends aujourd'hui que le résultat des élections législatives de ce week end est enfin connu. On marche sur la tête ici. Les voici résumées en quelques chiffres : 25% de participation, 100% des sièges pour le gouvernement. Les motifs sont multiples et un peu complexes. Tachons d'expliquer cela de manière simple : d'abord 100% car il n'y avait aucun candidat de la part de l'opposition qui entend ainsi protester contre le vote électronique qui ne garantie pas la confidencialité du scrutin... donc une élection a sens unique. 25% de participation alors que l'élection présidentielle qui avait amené Chavez au pouvoir avait connu une participation record de 75% environ... c'est le résultatd'une drôle de politique et de nombreuses corruptions et maladresses : il y a eu un referendum revocatoire contre le président il y a un an. Pour appeler à ce referendum il fallait une petition de 4 millions de signatures. Ce que l'opposition a réussi à faire, mais d'une manière pas très légale : les chiens ,chats, morts et bébés ont également signé ! Quoi qu'il en soit... Le vote a eu lieu et le président s'en sortit de peu. Mais puisque le président mettait tous les leaders des industries à la porte pour mettre ses potes et que la liste des personnes qui avaient signé la dite pétition a d'abord circulé parmi les partisans du président puis finalement MISE EN LIGNE par le Conseil Nacional Electoral (il prétendait que de cette manière chacun pouvait voir s'il était sur la liste et voir si on utilisait son nom...) tous les gens qui l'avaient signée se sont vus harcelés, virés de leur emploi, crédit bancaires refusés, aides de l'état supprimées etc... Tout ceci a donc participé à la peur de manifester contre le président et expliquerait la TRES forte abstention. Ajoutez enfin à cela la bêtise de l'opposition qui ne joue son rôle que dans les médias et l'exaspération des venezueliens qui veulent vivre en paix et vous comprendrez le pourquoi du comment. Bien sur c'est bien plus complexe que cela, mais je dois simplifier pour éviter de m'étendre sur le sujet.

J'oubliais de vous donner les vrais motifs selon le président, le conseil electoral et la presse :
Le président : Les deux partis d'opposition étaient morts avant l'élection et le résultat est une victoire éclatante qui ne fait que le confirmer
La presse : le mot d'ordre a été suivi, personne n'a été voter.
Le conseil électoral : les pluies diluviennes ont empêché les vénézuéliens d'aller voter.

Le Président est un idiot, tout le monde le sait. Même ses proches je crois... La presse ment toujours ici, et est totalement en faveur de l'opposition. Ils n'imaginent même pas que les Venezueliens puissent être blasés de ne pas voir de changement... et que l'opposition a appelé à ne pas voter car elle savait à l'avance qu'il y aurait une participation faible. Facile aprés de prétendre représenter 75% des votants... Quant aux pluies diluviennes, elles ont fait un petit glissement de terrain dans l'état de Vargas. Chez moi il pleuvait très peu, une pluie fine et régulière. Hier dans le taxi le chauffeur, qui était visiblement chaviste, m'a affirmé qu'il y avait pourtant eu des pluies torrencielles ici. La preuve que tout est question de point de vue.

La république socialiste bolivarienne du Venezuela.

Ce succès incroyable et absurde aux élections législatives donnent tout le pouvoir au Président de changer la Constitution pour la seconde fois en 3 ans. Constitution qu'il avait lui même créé en arrivant au pouvoir en jurant la respecter. Il veut retirer la notion du nombre limité de mandats présidentiels (2 je crois) et changer le nom du pays pour la deuxième fois en deux ans. Le Vénézuela était devenue il y a peu "La République Bolivarienne du Venezuela". Ce nom aura a peine eu le temps d'être imprimé sur les billets et papiers officiels, que déjà a été proposé un nouveau nom pour le pays et le projet doit être approuvé par l'assemblée nationale (100% chaviste) : La République Socialiste Bolivarienne du Venezuela. Le Venezuela me plaisait comme nom. Plusieurs mauvaises langues ont même proposé "La république populaire du Venezuela" pour se rapprocher de ses amis chinois. Il paraît que ce projet est aussi dans les cartons.


Tout ça m'éclate j'en garde pour plus tard ! Bise à tous

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Drôle de périple...

Copie du Message Forum du dimanche 4 décembre :

"Je suis donc parti le jeudi soir après n'avoir dormi que quelques heures par nuit et avoir parcouru la moitié de la france lors d'un marathon épique au cours duquel j'ai rencontré.

Première étape de mon périple : Lyon, chez mon ptit frère. Le bonheur de les voir une dernière fois avant de m'envoler fut immense. J'ai fait un bisou à Mateo qui va fêter ses 8 mois bientôt et me voici couché à 1.30... pour me lever à 4.45 ! À 6.00 aéroport et 7.20 déjà au-dessus des alpes enneigées. Avec le lever du soleil, la vue était magnifique. J'ai eu un petit coup au coeur à ce moment également. Dans ces Alpes, je laisse beaucoup d'amis, ma plus grande réussite professionnelle et de merveilleux moments. Le ski me manquera, mais moins que Vivi, Pascale, Aurélie, etc...

Atterrissage à Milan. On dit qu'en Amérique du sud c'est le bordel ? ça se voit que ceux qui le disent ne sont jamais allés en Italie... Jamais j'ai vu un aéroport aussi bordélique. Ça hurlait tellement qu'on entendait à peine les consignes de sécurité au micro. Je parle pas italien et l'anglais parlé dans les aéroports est un infâme charabia incompréhensible, mais chez nous si Sarko est ministre de l'intérieur et nous interdit de poser bagage à terre, eux ont le même en version Senior au poste de chef du gouvernement (Berlusconi...). Donc j'en conclue logiquement que les consignes sont les mêmes...

Arrivé à la zone internationale "extra-communautaire", on a le droit a une queue immense dans laquelle je pers 45 min de mon heure et demie sur place pour me faire fouiller jusqu'à me demander de retirer mon pantalon car le bouton sonnait... merci l'ambiance ! Mais on est jamais assez prudent... des fois que mon bouton de jeans soit le détonnateur de mon sandwich au jambon !

Bref c'est heureux que je quitte cette première barrière et que je cours vers la porte d'embarquement (qui biensûr est la toute nouvelle qui se situe de l'autre côté de l'aéroport et toute seule...). Une fois là bas je vois trois pelés et deux tondus attendre et suppose que j'ai le temps de m'acheter une petite bouteille d'eau. A mon retour horreur : la queue à l'embarquement est déjà enflée d'une centaine de personnes ! Je vais vite me mettre à la fin et constate que la queue augmente de minute en minute pour finalement me retrouver dans le premier quart de celle-ci. En plus une fois tout ce petit monde arrivé, on nous annonce un retard de 45 minutes !... comme je suis entouré de latins 100%... imaginez la scène : les uns essaient de camper par-terre pendant que les autres trichent dans la queue; une dame qui a été gaulée par une autre s'énnerve pour éviter la honte et se dispute presque jusqu'à en venir aux mains. Ca fait un gros scandale, mais ça paraît normal car les gens sourient. Moi je trouve ça ridicule. Mais on s'en fout tous...

Quand la queue avance enfin, on nous pretexte que le retard était du à une panne du système informatique. Bizarre... moi j'ai vu tous les avions autour embarquer les uns après les autres et leur système à eux fonctionnait. J'ai pas vu de technicien venir pour régler le problème... et là j'ai pensé fort à Umberto Eco ("comment voyager avec un saumon" à lire absolument) : panne du système c'est l'excuse à l'incompétence chronique des employés italiens :o)

Une fois embarqué, je m'assieds à còté d'un gugus qui m'apprend qu'il est équatorien et qu'il voyage depuis la veille et n'arrivera que le lendemain ! Y'en a qui ont de l'espoir... il prétend être ingénieur commercial mais n'a jamais utilisé internet et ne sait même pas que les adresses en ".it" sont italiennes... il sort un livre de jeux de mots (genre mots croisés, flêchés...) le feuillette un peu... à l'air de chercher quelque chose de spécial mais j'essaie d'éviter de le fixer. On ne sait jamais.. peut-être que lui avait des boutons de pantalon explosifs indétectables que les gars de l'aéroport n'ont pas vus. Quand soudain j'entend un soupir de satisfaction: il a trouvé sa page. Je tourne la tête et découvre avec surprise qu'il relie les points numérotés de 1 à 30 d'un dessins secret... qui ressemble à un marin qui pèche une pieuvre ! Quand il eut fini, il marqua soigneusement la réponse après le point d'interrogation de la question qui, en italien, voulait surement dire : "que pêche notre ami Luigi ?". Ahurrissant.

Apres 9 heures de vol, trois films pourris, des conversations aussi agréables qu'un suppositoire à la parafine (difficile de s'y mettre.. mais une fois dedans, ça glisse tout seul et c'est presque frais... par contre ça fait chier à la fin!) et des repas infects (je croyais que les italiens savaient cuisiner ?? une crêpe immonde avec deuxs batonnets de céleri branche et une tranche de jambon cuit et fumé ... ça nourrit peu et c'est pas terrible..) je vois enfin la terre arriver.

Comme à chaque arrivée à Caracas, il se produit une chose magique que je crois ètre le seul à voir : dans l'eau, des dauphins se jettent à la poursuite de l'ombre de l'avion. C'est beau. Les gens s'en foutent : il ne regardent que la piste avec angoisse. Là notre ami equatorien m'attrappe le bras et m'avoue avoir peur de l'atterrissage. J'avoue ne pas l'avoir décelé au décollage... peut-être n'y avait il pas encore la confiance nécessaire entre nous pour se laisser aller à un tel aveu de faiblesse. Mais comme j'étais depuis quelques heures son frère de siège d'avion, il s'aggripa à mon bras et me demanda de lui dire quand l'avion s'apprêterait à toucher le sol. Je lui ai dit et l'avion se posa. Tout le monde sortit les bagages des coffres et sortit. Notre ami équatorien me lacha le bras, pris sa valise et s'en alla en me saluant et en m'envoaynt une bénédiction assez malvenue. Moi j'aurai préféré qu'il me rende mon avant-bras qu'il m'avait arraché à l'atterrissage ! :o)

Enfin Caracas ! J'arrive dans la zone douanière et m'apprète à passer une heure à parler à un gogol qui veut m'ennuyer. Et même pas ! Tous sont agréables, l'aéroport nickel et les employés courtois. Le Venezuela a bien changé. Ça se voit que se prépare une dictature ici ! hahaha !

Ma chérie est là, elle m'attend avec une boite de chocolats suisses et un joli poême qu'elle m'a écrit pour me dire combien elle m'aime et me remercie d'ètre venu.

Nous nous dirigeons vers les taxis et partons sur Caracas centre où nous attendait notre bus et encore 9 heures de routes avant d'arriver à Ciudad Bolivar. Mon nouveau chez moi.

C'est une belle ville Ciudad Bolivar. Ce qui ne va pas c'est les gens et l'odeur ! Mais il parait que ça s'arrange. Je parle de l'odeur bien sûr. Ce week end c'est élections législatives, alors on passe notre dimanche à la maison, collés à la clim qui fait un bruit de volvo diesel. On parle et on rattrappe le temps perdu.

ce matin nous sommes allés faire une promenade pour voir le lever du soleil sur l'Orénoque. C'était magnifique, j'y ai vu mon premier colibri, ce petit oiseau qui vole sur place ! Et les arbres sont splendides... il y en avait un si grand qu'il couvrait une grande partie de la place. Je me sujis dit que j'aurai adoré y grimper étant petit. J'ai vu aussi 4 gars dormir par terre, deux sur une table. Le seul endroit qui faisait du bruit à cette heure ci est le petit poste de police ou deux gars font un concours de blagues porno face à une minette qui rigole comme une niaise.

Je vous en dirai plus sur la ville la prochaine fois.

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Naissance du blog

Il est 10.30 du matin et ceci est la naissance officielle du blog que je voulais réserver à ma vie ici au Venezuela. Il fait déjà une trentaine de degrés dehors et l'humidité ambiante ne donne pas envie de bouger. Cependant, nous allons devoir aller à Puerto Ordaz (80km) pour faire nos courses de Noël. Je reprendrai ce blog ce soir.

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